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Drouin à l’aile, l’expérience De La Rose

Claude Julien a mis fin pour la première fois de la saison à l'expérience de Jonathan Drouin au centre du premier trio, mardi. Momentanément, il interrompt une mission périlleuse, faire produire Drouin au milieu, mais s'en octroie aussitôt une autre : réveiller le potentiel offensif de Jacob De La Rose.

Un texte d’Alexandre Gascon

Évidemment, les circonstances ont forcé la main du pilote du Canadien. Déjà que la ligne de centre pose un sérieux problème lorsque l’équipe est en santé, les absences de Phillip Danault et d’Andrew Shaw ont contraint Julien à revoir ses plans.

Dans ce contexte, le moment est étrangement choisi pour renvoyer Drouin à l’aile (droite ou gauche, ça reste à préciser), sa position naturelle.

« Je voulais voir ça de mes yeux, a expliqué Julien après l’entraînement. On s’en va sur la route pour deux gros matchs (Boston et Washington, NDLR). Je me prépare aussi parce que je n’ai pas le dernier changement. Je regarde ces options-là, on verra en temps et lieu, mais c’était pour avoir une idée. »

Drouin, qui a inscrit un premier but en 14 matchs contre les Islanders lundi, n’a pas semblé ébranlé par la décision.

« Ça ne change rien », a-t-il affirmé.

Galchenyuk et lui ont maintenant récolté des points dans chacun de leurs trois derniers matchs et, même si c’est parfois une aventure hasardeuse dans leur zone, la magie commence à opérer entre les deux hommes à l’attaque.

Peu importe que Drouin soit à l’aile ou au centre, selon Galchenyuk.

« J’espère seulement qu’il n’aura pas à répondre aux mêmes questions que moi aussi souvent », a plaisanté le no 27, visiblement de bonne humeur.

Un potentiel en latence?

Sur les rares exercices où l’on pouvait voir la composition des trios, Drouin et Alex Galchenyuk alternaient entre les deux flancs. Rien de bien surprenant, mais l’identité de leur pivot, De La Rose, l’était davantage.

Le grand numéro 25 traverse une interminable léthargie offensive qui s’échelonne maintenant sur trois saisons. Au cours de ses 56 derniers matchs, De La Rose a amassé seulement 1 but et 4 passes.

Aussi peu flatteuses sont ses statistiques, depuis son retour au jeu contre le Lightning après un mois d’absence, le Suédois de 22 ans affiche beaucoup plus d’aplomb. Il a décoché des tirs dans chacune des quatre rencontres, ce qui était loin d’être un automatisme auparavant, et s’est démarqué par quelques montées inspirées, bien servi par sa rapidité.

« Je sens que j’ai bien joué dans mes deux derniers matchs surtout. Je créais des choses, je dois maintenant capitaliser », a estimé De La Rose.

« Après avoir été mis de côté, j’avais hâte de revenir, j’étais affamé, je sentais que je devais prouver quelque chose, a-t-il enchaîné. Mais je ne veux pas me mettre trop de pression, simplement travailler fort, à chaque présence. »

Avant son saut chez les professionnels, le 34e choix du repêchage de 2013 a déjà été perçu comme un talent à l’attaque. D’ailleurs, l’observateur non averti, s’il s’en tenait aux entraînements du Canadien de Montréal sans regarder les rencontres, pourrait croire que De La Rose joue un rôle offensif prépondérant.

C’est lors des matchs que ça se complique. Mais ses nouveaux ailiers y voient autre chose.

« Je l’ai vu pas mal souvent au Championnat mondial junior et à celui des moins de 18 ans. Ces temps-ci, il joue bien, il patine bien. C’est un bon joueur de centre, sur les mises au jeu c’est un gros bonhomme alors ça nous fait de la place. Je sais qu’il a un talent qu’on ne voit peut-être pas souvent ici », a commenté Drouin.

« Il est bon en défensive, il prend son jeu au sérieux de ce côté-là. Ça nous donne des chances, il va créer des choses offensivement pour nous, que ce soit un revirement ou un beau jeu défensif. Je ne vois pas comment ça ne pourrait pas nous aider de jouer avec un gars comme lui », a fait valoir le Québécois.

Au Championnat du monde junior 2014, De La Rose composait l’une des unités les plus dangereuses du tournoi en compagnie de Filip Forsberg. L’attaquant du Tricolore avait d’ailleurs récolté 3 buts et 3 passes en 7 matchs en route vers la conquête de la médaille d’argent.

Ses souvenirs de sa gloire offensive se sont un peu évanouis avec les années, mais Claude Julien a fourni une théorie intéressante sur la question.

« Quand il a joué avec la ligue professionnelle chez lui (SweHL, NDLR), ils l’ont mis sur un quatrième trio. Peut-être qu’ils lui ont enlevé un peu de ses atouts offensifs. On espère qu’il sera capable d’en retrouver une bonne partie. Il est capable de bien lancer aussi. Des fois, il faut que tu travailles avec ces gars-là pour les faire sortir de leur zone de confort disons et retrouver ce qu’il faisait de bien avant », a lancé l’entraîneur.

Sous l’égide de Julien, De La Rose amorce d’ailleurs 58 % de ses présences dans le territoire offensif alors qu’il n’avait jamais dépassé les 36 % autrefois. C’est évidemment en partie pour le protéger, mais en compagnie de ses deux talentueux collègues, ce pourrait être pour favoriser leur créativité.

Certes, tout cela ressemble à un vœu pieu. Mais au point où le CH en est, on pardonnerait même à Julien d’allumer un cierge ou deux.

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