La visite de Nathan MacKinnon au Centre Bell a correspondu avec l'une des meilleures prestations, voire la plus inspirée, de Jonathan Drouin dans l'uniforme tricolore. Simple coïncidence? Probablement pas.

Un texte de Félix St-Aubin

« Il y a toujours une petite compétition, a avoué Drouin. On a joué ensemble, on a tellement fait de choses ensemble. Après le match, on va se voir, et tu ne veux pas être le gars qui a perdu. Il connaît une bonne année, et je suis content pour lui. »

L'attaquant québécois a été questionné à maintes occasions à l'issue des deux derniers entraînements matinaux du Canadien de Montréal (20-22-6), lundi et mardi, au sujet de son ancien coéquipier dans les rangs juniors.

La réussite de MacKinnon était évidemment au coeur des discussions, son nom se retrouvant désormais associé à divers prestigieux trophées, notamment le Hart.

Les rôles ont cette fois-ci été inversés. Drouin est celui qui a pris les choses en main pour dépouiller l'équipe de l'heure dans le circuit Bettman de son aura d'invincibilité.

Ses prouesses, qui lui ont valu la première étoile de la rencontre, ont relégué aux oubliettes la série de 10 triomphes de l'Avalanche du Colorado (27-17-3).

Achever l'animal blessé

La recette de Claude Julien a été appliquée à la perfection par ses troupiers face à un rival affligé par la fatigue. L'Avalanche foulait effectivement la glace pour la deuxième fois en 24 heures, et la troisième depuis samedi.

Sans rien enlever à la performance inspirée du Bleu-blanc-rouge, les protégés de Jared Bednar ne se sont donc pas présentés au Centre Bell dans une forme optimale.

Conscient de la situation, le CH a distribué les mises en échec par dizaine au premier vingt, et a outrageusement dominé l'Avalanche au cercle des mises au jeu (87 %).

Les visiteurs sont ainsi rentrés au vestiaire exténués par les multiples coups d'épaule et parce qu'ils ont entamé la quasi-totalité des séquences de jeu en récupération de rondelle.

« C'est important qu'on finisse nos mises en échec, surtout sur l'échec avant. Le premier joueur termine la mise en échec, et ça donne l'occasion de séparer l'adversaire de la rondelle [...] On a donné de bonnes mises en échec sur le repli défensif », a noté l'entraîneur-chef montréalais.

La formule s'est avérée concluante à moyen terme, et le Tricolore a pris l'ascendant dès les premiers instants de la période médiane lorsque Drouin s'est fait complice de deux buts.

Si l'unité formée de Brad Marchand, Patrice Bergeron et David Pastrnak a occasionné bien des cauchemars aux hommes de Julien, on ne pourra certainement pas en dire autant de celle composée par Gabriel Landeskog, MacKinnon et Mikko Rantanen.

La principale force de frappe des représentants des Rocheuses a certes trouvé la faille dans le jeu de Carey Price, mais le mal était déjà fait et la pente trop abrupte pour être escaladée jusqu'au sommet.

Même que par moments l'effort défensif du Canadien pour contrer le joyau de l'Avalanche l'a fait sortir de ses gonds. MacKinnon a eu maille à partir avec nombre de rivaux toute la soirée.

Les défenseurs Jeff Petry (10 min 40 s) et Karl Alzner (9:37) ainsi que les attaquants Artturi Lehkonen (7:19), Tomas Plekanec (7:07) et Brendan Gallagher (7:01), soit le quintette le plus utilisé par Julien pour tenir en échec MacKinnon, peut certainement se frotter les mains de satisfaction.

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