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Duceppe attaque Santé Canada au sujet des centres d'injection supervisée

Le chef du Bloc québécois a profité d'un passage dans la circonscription montréalaise d'Hochelaga, mercredi, pour demander à Santé Canada de « cesser de ralentir la mise en place de sites d'injection supervisée » à Montréal. La Ville a cependant déjà annoncé son intention d'aller de l'avant il y a quelques semaines, avec l'appui de Québec.

Gilles Duceppe affirme que la seule exception au « consensus extraordinaire » qui règne dans le milieu sociomédical et politique du Québec pour venir en aide aux toxicomanes vient du gouvernement fédéral.

« Le gouvernement canadien fait systématiquement partie du problème ici, en matière de politique sociale », soutient le chef souverainiste. « Santé Canada doit donner une exemption maintenant à la Loi sur les drogues et se tasser du chemin ».

Pour implanter des services d'injection supervisée, la Ville de Montréal a demandé une exemption à cette loi au ministère fédéral de la Santé. À l'heure actuelle, cette exemption n'a pas été accordée.

Le maire de Montréal Denis Coderre a cependant annoncé en juin dernier que le projet de la Direction de la santé publique de Montréal (DSP) d'instaurer trois centres et un service mobile à Montréal irait de l'avant dès cet automne, indépendamment de ce qu'en pense Ottawa.

« On peut bien demander une exemption, mais nous avons l'acceptabilité sociale. Tous les joueurs, toutes les planètes sont en ligne et on a la Cour suprême de notre bord. Faut aller de l'avant, point », avait-il fait valoir lors d'une conférence de presse. Pour lui, il s'agit simplement d'une question de santé publique.

La Cour suprême du Canada a déjà déterminé que Santé Canada doit accorder une exemption si un centre d'injection proposé diminue le risque de décès et de maladie et s'il n'a pas d'incidence sur la sécurité du voisinage. C'est ainsi que le centre Insite, ouvert il y a 12 ans à Vancouver, a obtenu son exemption.

Radio-Canada a démontré il y a quelques semaines que ce projet peut aller de l'avant sans l'aval de la ministre de la Santé, Rona Ambrose.

Bien qu'Ottawa rédige le Code criminel et la Loi sur les drogues, il revient au gouvernement du Québec de les appliquer. S'il choisit de ne pas le faire, et donc de ne pas intenter de poursuite contre ces centres, rien n'empêche leur ouverture.

Or, il appert que la ministre déléguée à la Santé, Lucie Charlebois, a fait savoir en avril que le gouvernement Couillard approuvait l'idée d'ouvrir des centres d'injection supervisée à Montréal.

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