La saison morte mouvementée et réglée au quart de tour de Laurent Duvernay-Tardif tire à sa fin. Le garde des Chiefs s'apprête à rentrer à Kansas City pour participer au camp d'entraînement après une pause de quelques mois qui ne pouvait pas du tout se confondre à des vacances.

Un texte de Félix St-Aubin

Le point d'exclamation de l'entre-saison du joueur de ligne à l'attaque est sans contredit l'obtention d'une prolongation de contrat de cinq ans évaluée à quelque 42 millions de dollars.

Cette nouvelle entente n'a pas changé l'homme, modeste de nature. Les attentes à son endroit se sont toutefois considérablement amplifiées depuis ce moment où il a apposé sa signature au bas d'un pacte hautement rétribué.

« Je pense que le nouveau contrat fait en sorte que mon jeu doit être à la hauteur du montant d'argent pour lequel j'ai été rémunéré. Ça fait aussi en sorte que la “constance” est maintenant le nouveau mot d'ordre. Je me dois de performer », a-t-il indiqué.

Le Québécois a de nouveau concilié ses deux passions lors des derniers mois : ses études et le football. Sa dévotion pour la médecine est toujours bien ancrée en lui, mais l'homme à la forte stature ne s'en cache pas, il est impatient de troquer le sarrau pour les épaulières.

Les contacts sur la ligne de mêlée et les duels dans les tranchées manquent quelque peu au gaillard de 1,96 m (6 pi 5 po) et 146 kg (321 lb).

« C'est ça l'affaire avec la médecine, c'est tellement demandant intellectuellement qu'à un moment donné j'ai simplement hâte de faire une transition vers le côté physique du football, a révélé Duvernay-Tardif. J'ai bien hâte de retourner à Kansas City. »

L'ancienne étoile des Redmen de l'Université McGill se retrouvera en terrain connu lorsque le camp d'entraînement battra son plein jeudi. Ce processus n'est pas inhabituel dans son cas étant donné qu'il compte déjà trois saisons d'expérience dans la NFL.

Mais chaque retour dans le Missouri à l'issue de la saison morte comporte de nouveaux défis. Et d'une campagne à l'autre, les objectifs diffèrent, principalement en raison de sa courbe de progression ascendante.

« On ne se le cachera pas, c'est une épreuve qui est extrêmement difficile physiquement et mentalement. On est l'un des seuls camp d'entraînement qui est en retrait, donc qui n'est pas à même le complexe d'entraînement. On dort dans des dortoirs et ce sont des horaires assez chargés, a-t-il relaté.

« [On doit] l'approcher comme étant un marathon. Tu dois te mettre dans un état où tu es persuadé que c'est quelque chose qui est nécessaire pour ton développement et qui sera payant en décembre. »

Des adversaires coriaces

La Division ouest de l'Américaine est réputée à travers le circuit Goodell pour être l'une des plus compétitives et un cauchemar pour les quarts ainsi que les joueurs de ligne à l'attaque.

Bon an mal an, Duvernay-Tardif et ses coéquipiers du quintette qui protège Alex Smith doivent en découdre deux fois plutôt qu'une avec Von Miller, Khalil Mack et Joey Bosa, entre autres. Ce trio appartient à l'élite pour exercer de la pression sur les pivots.

Individuellement, chacun de ces joueurs défensifs est fait sur mesure pour bousiller le plan de match offensif de l'adversaire. Le Québécois est évidemment bien conscient de l'étendue de leur talent.

« On dit ça souvent un peu à la blague, mais se retrouver sur la ligne offensive des Chiefs de Kansas City sous-entend de jouer contre des joueurs défensifs extrêmement talentueux. Quand on ajoute les Dolphins, les Jets, les Patriots et les Texans [aux Broncos, aux Chargers et aux Raiders], ça rehausse beaucoup le niveau de qualité des unités et des lignes défensives qu'on va affronter. »

« Faire sa marque contre ces joueurs-là, d'un point de vue d'équipe ou personnel, c'est ce qui fait en sorte qu'après, tu es reconnu partout dans la ligue », a continué Duvernay-Tardif.

Des visages connus

Théoriquement, la ligne à l'attaque des Chiefs s'inscrira dans la continuité. Quatre des cinq partants de la dernière campagne, incluant Duvernay-Tardif, seront de retour à Kansas City et pressentis pour conserver leurs acquis.

Lorsqu'il est question de veiller sur Alex Smith, la pérennité est l'un des rouages essentiels afin d'accomplir ce tour de force.

« Il y a beaucoup de stabilité au niveau de la ligne offensive. Ça, c'est immense. Ce sera ma première année où je vais jouer aux côtés des mêmes centre et bloqueur à droite [en comparaison avec la saison précédente]. Ça fait toute la différence, a assuré Duvernay-Tardif.

« Au niveau de la chimie d'équipe, je pense qu'on a été capables en deuxième moitié de saison [2016] de bien protéger Alex Smith, ce qu'on n'avait pas nécessairement été en mesure de faire durant la première moitié [du calendrier]. Ça, je pense que c'est dû à la chimie et à la cohésion sur la ligne offensive. {...} C'est crucial au succès de l'attaque. »

Le calendrier légèrement adapté de la NFL en fonction du rendement des équipes complexifiera un peu les aspirations des Chiefs de répéter leur conquête de l'Ouest de l'Association américaine.

Ils se mesureront à pas moins de 7 formations ayant accédé au tableau éliminatoire en 2017, dont 4 champions de division, y compris les gagnants du dernier Super Bowl, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

D'ailleurs, lorsque les protégés de Bill Belichick verront la bannière de champions être hissée dans les hauteurs du stade Gillette le 7 septembre prochain, Duvernay-Tardif sera aux premières loges pour contempler ce à quoi ressemble une cérémonie commémorative en l'honneur des vainqueurs du trophée Vince-Lombardi.

De quoi insuffler une bonne dose de motivation et d'inspiration en lever de rideau.

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