Retour

Échangeur Turcot : nouvelles entraves pour l'automne

Les automobilistes feront face à de nouvelles contraintes dès cet automne en raison de plusieurs travaux importants prévus sur le chantier de l'échangeur Turcot, a annoncé le ministre des Transports du Québec, Laurent Lessard, vendredi.

Dès la fin de semaine du 7 octobre, toutes les bretelles de l'autoroute 15 en direction nord seront fermées. Cette entrave doit permettre le démantèlement de la dernière portion du pont d'étagement de la rue Saint-Jacques, qui avait commencé en juillet dernier.

Le ministre Lessard a annoncé la fermeture d'une des deux voies de la bretelle de l'autoroute 20 qui mène vers le centre-ville à compter du 14 octobre. Cette voie ne sera ouverte au public qu'en 2018.

« C'est la conséquence la plus importante à venir. À partir du moment où la capacité de l'autoroute 20 va être réduite, ça va beaucoup changer la vie des gens, tous les jours », a indiqué M. Lessard.

La dernière mesure annoncée entrera en vigueur à la mi-novembre. Deux des quatre voies de l'autoroute 720 en direction du centre-ville, entre l'échangeur Turcot et la sortie Atwater, seront fermées à leur tour.

À toutes ces entraves s'ajoute la fermeture complète de la route 136 les fins de semaine, afin de démanteler l'ancienne route.

Le ministère des Transports mise davantage sur l'augmentation du transport collectif pour répondre aux problèmes engendrés par les travaux. L'objectif est de permettre aux automobilistes de laisser leur voiture en périphérie du centre-ville et de s'y rendre en transport en commun, a-t-il fait valoir.

Depuis 2011, 200 millions de dollars ont été investis pour offrir d'autres options à la population.

Le ministère mentionne l'ajout de plusieurs milliers de places de stationnements, plusieurs dizaines de kilomètres de voies réservées, de nouvelles lignes d'autobus ainsi qu'une augmentation de la fréquence des trajets en train.

« Ce sera impossible d'amener toutes les voitures au centre-ville, explique le directeur territorial de la région métropolitaine, Fadi Moubayed. Il aurait fallu construire un deuxième échangeur Turcot, mais on n'a pas la place et on ne peut pas exproprier les gens non plus. C'est donc important que les Montréalais aient le message qu'il ne faut pas aller au centre-ville en voiture. »

Les prochains mois permettront au ministère des Transports de s'ajuster en fonction du comportement de la population, a pour sa part assuré M. Lessard.

L'Association du camionnage du Québec reconnaît quant à elle que les travaux des deux prochaines années sont un passage obligé. Le démantèlement de l'autoroute 720 ne peut faire autrement que de créer une perturbation à grande échelle, selon son président-directeur général, Marc Cadieux.

Il affirme cependant que l'impact des travaux à venir sera limité pour les conducteurs de poids lourds, quoiqu'« encore un peu plus intense ». Les livraisons locales seront davantage touchées, selon lui, puisque les autres camions semi-remorques empruntent moins cette voie.

L'ingénieur Normand Bourque prévient qu'en contrepartie, les travaux vont augmenter la pression sur l'ensemble du réseau montréalais.

Dix ans après avoir atteint sa fin de vie utile, l'échangeur Turcot n'a donc pas fini de donner des cauchemars aux automobilistes. 21 % des travaux ont été complétés jusqu'à maintenant sur ce mégaprojet de 3,7 milliards de dollars.

« Ça suit les échéanciers, assure M. Lessard. Moi, ce que j'ai comme information du ministère, c'est qu'on est dans les délais et dans les coûts. »

Les travaux de l'échangeur Turcot doivent prendre fin en décembre 2020.

Plus d'articles