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Élections en Haïti : intérêt réduit pour les Haïtiens d'ici

À l'instar des Haïtiens d'Haïti, la communauté haïtienne d'ici s'intéresse peu aux élections législatives, dont le premier tour se déroule dimanche, selon des observateurs.

Un texte de Bahador Zabihiyan

Quelque 6 millions d'électeurs sont appelés à choisir l'ensemble des députés, des maires, des élus locaux et les deux tiers des sénateurs lors de ce scrutin qui se déroule dans un climat de tension, voire de violence.

Mais la communauté haïtienne de Montréal a plutôt les yeux tournés vers la République dominicaine, ces derniers temps. « Les choses qui préoccupent les Haïtiens actuellement, c'est toute la déportation que la République dominicaine fait en ce moment », dit Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d'Haïti.

« Les gens les suivent, mais bon, avec beaucoup de distance quand même », dit-elle.

D'autant plus que les procédures entourant les élections législatives, maintes fois reportées, sont plutôt complexes, dit Moïse Claude, historien qui publie un livre cette semaine sur ce sujet. Il ne pense pas que le taux de participation dépassera 15 %.

« Jusqu'à présent, je pense que c'est mal parti à cause de la complexité et des complications mêmes de l'organisation électorale en Haïti », dit M. Claude.

Si le taux d'abstention risque d'être faible, les candidats sont nombreux : plus de 1640 qui représentent 128 partis. Ce qui donne lieu à des situations complexes.

« Imaginez, par exemple, dans un bureau de vote, là où il y a 30 candidats, chaque candidat a un ou deux contrôleurs, de gens qui sont là pour vérifier. [...] On ne peut pas dans un local exigu, recevoir tous ces représentants des partis politiques », explique M. Claude.

Malgré un certain manque d'intérêt, les élections législatives sont une bonne chose, estime Frantz Voltaire, du Centre international de documention et d'information haïtienne, caribéenne et afro-canadienne. « On se demande comment on n'a pu ne pas avoir d'élections législatives et que le président Martelly a pu gouverner pratiquement sans faire d'élections », conclut-il.

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