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Élections fédérales : Coderre réclame près de 2 milliards pour Montréal

Le maire de Montréal réclame des engagements d'environ 2 milliards de dollars en quatre ans pour la métropole du Québec de la part des chefs des partis fédéraux. « On s'attend à des réactions », a déclaré Denis Coderre lors d'un point de presse tenu mercredi matin, à l'hôtel de ville de Montréal.

Il demande notamment des investissements supplémentaires annuels :

  • de 201 millions de dollars dans le logement social (185 millions pour la construction, l'entretien et la rénovation de logements,16 millions pour d'autres mesures);
  • de 200 millions dans le transport collectif, grâce à un financement en fonction de l'achalandage et non en fonction de la population;
  • de 77 millions dans les infrastructures, grâce à un financement basé sur le poids démographique des municipalités;
  • de 10 millions de dollars dans la sécurité publique, grâce au rétablissement du Fonds de financement des services policiers.
  • de 1 million pour le centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Le maire Coderre, qui a été député libéral à la Chambre des communes de 1997 à 2013, réclame également une contribution fédérale de 110 millions de dollars pour les festivités du 375e anniversaire de la fondation de Montréal, en 2017.

Le maire Coderre profite aussi de l'occasion pour réitérer certaines demandes déjà publicisées, dont :

  • le rétablissement de la livraison à domicile du courrier par Postes Canada;
  • l'engagement qu'il n'y aura pas de péage sur le pont Champlain;
  • le respect des décisions de l'Office national de l'énergie concernant les oléoducs;
  • un financement adéquat pour les évènements sportifs internationaux, et pour l'attraction, la rétention et l'expansion des organisations internationales;
  • le rapatriement du Vieux-Port et un soutien fédéral au projet de restauration de la gare maritime d'Iberville et de la jetée Alexandra;
  • la relance des travaux entourant la Porte continentale et le corridor de commerce Québec-Ontario et leur financement adéquat;
  • le respect de la décision de la Cour suprême concernant les sites d'injection supervisée.

Le maire de Montréal souhaite aussi que le prochain gouvernement fédéral réinvestisse dans Radio-Canada et qu'il mette sur pied une commission d'enquête sur les femmes autochtones assassinées ou disparues.

Des visites attendues, exception faite de Stephen Harper

Le maire a fait connaître sa liste de revendications à la veille de la visite du chef libéral Justin Trudeau à l'hôtel de ville de Montréal. Le chef bloquiste Gilles Duceppe doit faire de même le 14 septembre.

Selon le maire, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair devrait aussi venir dans la métropole d'ici peu, tandis que la chef des verts, Elizabeth May, lui a dit qu'elle avait l'intention d'effectuer une visite à Montréal.

Interrogé sur ses relations avec le chef conservateur, Denis Coderre s'est montré plus évasif. « Je parle de façon continue, et il y a une disponibilité totale du côté de Denis Lebel. Évidemment, je pense que le PM a son agenda, mais je pense que c'est important qu'il vienne », a-t-il dit sans s'avancer davantage.

Lors d'une mêlée de presse tenue mercredi matin, le lieutenant politique du chef conservateur, Denis Lebel, n'a pas voulu commenter les demandes de Montréal, disant ne pas en avoir pris connaissance. « C'est M. Harper qui répondra », a-t-il répondu.

« Je pense qu'on peut très bien diriger le pays sans visi... », a-t-il ensuite ajouté, laissant croire que les chances d'une visite de M. Harper étaient minces. « Je laisserai ça à M. Harper. [...] L'agenda du premier ministre relève du premier ministre. »

« On a annoncé un paquet de projets pour Montréal et on va continuer à bien travailler avec la région de Montréal et avec le maire Coderre », a-t-il cependant fait valoir pour défendre l'approche de son parti, qui ne compte aucun député montréalais.

Stephen Harper s'est déjà engagé depuis le début de la campagne à investir 26 millions de dollars dans la construction d'une nouvelle gare maritime à la jetée Alexandra du Port de Montréal.

Lors d'un point de presse tenu à Kamloops en fin de matinée, Thomas Mulcair ne s'est pas avancé lui non plus sur les demandes de M. Coderre. Il s'est contenté de souligner que le maire de Montréal était « très heureux » que le NPD se soit engagé à restaurer la livraison à domicile. Les libéraux sont aussi de cet avis. 

Le NPD et les libéraux ont aussi déjà dit qu'ils étaient contre l'installation d'un péage sur le pont Champlain. Ils ont aussi promis des investissements plus importants que les conservateurs dans les infrastructures.

Thomas Muclair s'est aussi déjà engagé à rétablir le Fonds de recrutement des policiers, qui avait notamment été utilisé pour mettre sur pied l'escouade Éclipse, à Montréal.

Indépendamment des promesses des uns et des autres, Denis Coderre a cependant d'ores et déjà assuré qu'il n'encouragerait pas ses citoyens à favoriser l'un ou l'autre des partis, puisque cela n'était pas son rôle. 

Les revendications de la Ville sont diffusées au moment où un sondage Mainstreet/Postmedia sur les intentions de vote publié dans The Gazette montre que les néo-démocrates et les libéraux sont au coude-à-coude sur l'île de Montréal.

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