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Eli Bouchard, planchiste globe-trotter à 9 ans

Il n'a que 9 ans et a déjà le physique de l'emploi. Une longue chevelure dorée, quelques taches de rousseur et un talent exceptionnel.

Un texte de Jacinthe Taillon

Eli Bouchard est devenu à 8 ans le plus jeune planchiste à réussir un double périlleux arrière. Un an plus tard, il est invité à participer au prestigieux Banana Open, une compétition de slopestyle qui se déroulera à Jilin, en Chine, les 25 et 26 février.

Je suis vraiment content et vraiment fier aussi.

Eli Bouchard

« C'est la plus grosse compétition de la Chine », précise son entraîneur Max Hénault. Le propriétaire du centre de haute performance Maximise à Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides, en a vu du talent. Mais celui d'Eli Bouchard est spécial selon lui.

« Eli, c'est un prodige, raconte celui qui l'encadre à l'entraînement. Il a vraiment un potentiel énorme pour devenir éventuellement un professionnel dans ce milieu-là. »

C'est la raison pour laquelle les organisateurs de la compétition en Chine tenaient à ce qu'il fasse le voyage.

« C'est sûr que c'est de gros jumps et c'est de gros rails, précise Max Henault. Le but n'est pas nécessairement de performer contre les meilleurs au monde, mais c'est d'être sur place et de montrer le bel exemple aux jeunes Chinois. Comme on sait que ce peuple-là est vraiment axé sur la progression à très bas âge. »

Vu son jeune âge, les organisateurs offrent aussi le voyage à ses parents et à son frère Zac.

Ils veulent prendre Eli pour donner le goût aux Chinois d'embarquer sur une planche pour devenir bon comme Eli. Leur montrer que c'est possible d'avoir du talent jeune, et de représenter son pays aux Jeux olympiques [la Chine accueillera les Jeux de 2022, NDLR].

François Bouchard, père d'Eli Bouchard

Pendant son passage en Asie, les Bouchard auront un horaire chargé.

« Eli est facile d'approche et, pour l'instant, il ne coûte pas cher, témoigne son père François. On va avoir des émissions de télévision et il va participer à la compétition, mais il n'aura pas la pression de performer, il est là juste pour la présence. »

Un métier risqué

Le slopestyle, avec ses immenses sauts acrobatiques et ses rampes, est un sport particulièrement risqué. La famille Bouchard en est bien consciente.

Le fils aîné, Zac, était lui aussi un adepte de surf des neiges et semblait promis à une belle carrière. Jusqu'à ce qu'il se blesse sérieusement lors d'une violente chute. Le jeune de 13 ans s'est sectionné le ligament de la sixième vertèbre cervicale (C6).

On dit qu'on a gagné à la loterie parce que Zac avait des débuts de symptômes d'une quadriplégie. Sa moelle a été touchée, mais il a été opéré juste au bon moment.

Natacha Bouchard, mère d'Eli et de Zac

Zac a maintenant 13 ans et joue un rôle important dans la carrière d'Eli. Quand on demande à Eli quel est l'athlète qui l'inspire le plus, il répond sans réfléchir que c'est son frère Zac.

« Il va très bien aujourd'hui, son mental est bien, confie son père, des trémolos dans la voix. Puis, il est conscient que son frère a du talent. Et on sent comme un sacrifice de Zac qui amène une énergie à Eli. »

C'est pourquoi les risques sont toujours calculés lorsqu'Eli s'élance. Si les conditions ne sont pas réunies pour qu'il s'exerce de façon sécuritaire, on remet l'entraînement à une prochaine fois. Tout simplement. Son entraîneur veille à ce qu'il soit toujours concentré et conscient des dangers.

« Tous les risques dans ce sport-là sont vraiment durs à gérer. Je dirais qu'il faut y aller étape par étape et faire beaucoup de répétitions, relate Max Henault. Et avec cette préparation-là, tout d'un coup, on est capables de faire des manoeuvres extrêmement dangereuses, mais d'une façon sécuritaire. »

Pour ce qui est du jeune prodige, il semble bien composer avec les risques et la pression.

Quand c'est la première fois, ça fait peur et tu stresses, mais sinon tu te sens bien.

Eli Bouchard

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