BILLET - Avec mon implication et celle de B2Dix, l'organisme que je dirige, auprès de ces grandes dames que j'admire, Gail, Geneviève, Amélie-Frédérique, Anna, Émilie, Katie, Gillian et Alison, je pourrais bien sûr parler de tout ce que nous avons entendu depuis la sortie publique de quatre d'entre elles lundi et de bien plus.

Mais pourquoi allez dans ce sens, que puis-je dire de plus? Puis-je verser une larme de plus? Ces larmes de tristesse qui se transformaient en larmes de joie, d’inspiration et d’espoir.

Laissez-moi plutôt m’attarder sur l’entraîneur, sur ce genre d’entraîneur. Certains pourraient se reconnaître ou les propos qu’ils tiennent et les comportements qu’ils adoptent pourraient vous être familiers.

« Envoye, ma grosse pas bonne! » « Come on, relève-toi espèce de moumoune! » « Regardez comment elle/il ne comprend rien! » « T’as mangé tout le gâteau hier soir à voir tes grosses fesses ce matin? » « Voyons maudite niaiseuse, qu’est-ce que tu ne comprends pas? » « Tu ne mérites pas que je te coache! » « Si tu ne fais pas ça, tu peux m’oublier et l’oublier ton rêve olympique! »

Vous avez mal en lisant ces lignes? Moi aussi, juste de les écrire.

Maintenant, imaginez un entraîneur qui tient constamment ce genre de propos à ses athlètes en prétendant vouloir les rendre plus forts parce qu’ils aspirent à devenir les meilleurs du monde. Bravo champion! Tout ce que tu as réussi à faire, c’est de détruire une carrière, une passion et sûrement une partie de la vie de ces athlètes!

Les bad coachs pensent devoir agir ainsi. Ils sont des durs, ils crient de rage sans aucun respect. Ils agissent exactement comme une personne qui manque de confiance en soi et qui compense afin de paraître plus confiante. Le mauvais entraîneur compense afin d’avoir l’air d’un bon entraîneur. Dans le fond, ce n’est pas l’athlète qui n’est pas bon, c’est toi, l’entraîneur!

Et ne venez pas me dire qu’en Russie, dans les années 1980, on formait les athlètes à la dure. De regarder les champions qu’ils ont créés. D’abord, c’est une réalité complètement différente de la nôtre et, ensuite, on pourrait parler des milliers d’athlètes qu’ils ont détruits aussi? C’est la loi du nombre. Et, oui, certains passent au travers et se rendent au sommet. Mais demandez-vous bien ce qu’il y a derrière leurs larmes lorsqu’on joue leur hymne national sur le podium!

Être un bon coach, c’est soutenir, guider et inspirer. Cela ne veut pas dire de ne pas pousser un peu au besoin, mais il faut savoir choisir ses mots et aussi s’adapter à son sujet, on ne parle pas à Geneviève comme on parle à Gail. Chaque individu est différent et réagira différemment à un même stimulus.

« Allez, tu es capable! Relève-toi, ça fait mal, mais c’est comme ça qu’on devient plus fort! » « Regardez son progrès, elle travaille vraiment sur son virage gauche et on voit la différence déjà même s’il reste du travail à faire. » « Je sais que ce n’est pas facile de se retenir de manger plus de dessert, mais nous sommes en compétition et chaque détail compte pour être au sommet de ta forme, ok? » « Écoute, je sais que ça semble difficile, alors on va se concentrer juste sur une chose, oublie tout le reste, juste ça et une fois que tu l’auras bien assimilé, on passera aux autres éléments! »

« Je suis là pour toi, oui aujourd’hui, je ne suis pas fier de toi, mais demain est une nouvelle journée et ça ira mieux, j’en suis certain! » « Tu sais, si jamais on perdait notre chimie, tu pourrais toujours aller avec un autre entraîneur, car ce n’est pas mon rêve, c’est le tien et je suis là pour te soutenir afin que tu aies des conditions optimales pour atteindre ton plein potentiel! »

Pas mal plus agréable à lire, n’est-ce pas? Imaginez à entendre lorsqu’on vit déjà avec l’anxiété de devoir performer et le désir de gagner les Olympiques un jour.

Ces 12 femmes avaient un talent exceptionnel et il y avait une profondeur dans cette équipe comme nous n’en avions jamais vu dans ce sport. Certaines ont eu de belles carrières en Coupe du monde et aux Jeux olympiques, mais ce groupe de filles aurait pu se comparer à l’équipe masculine autrichienne de cette époque. Si cet homme (il ne mérite pas le titre d’entraîneur) avait été un bon coach, c’est probablement un nombre phénoménal de médailles en Coupe du monde, de globes de cristal et de médailles olympiques que cette équipe aurait gagné. Il a juste été chanceux de tomber sur ces femmes extraordinaires.

Alors, quand Canada Alpin a choisi de fermer les yeux parce que ses dirigeants croyaient avoir le meilleur entraîneur du monde, bien vous vous êtes doublement trompés, chers amis! Vous aviez le pire entraîneur qui soit, vous pensiez qu’il était Dieu. Et c’est ce qu’il prétendait être pour camoufler ce qu’il était vraiment… un mauvais entraîneur.

Excusez mon anglais, mais je désire être bien compris : SHAME ON YOU ALL (honte à vous tous)!

P. S. : J’aimerais prendre quelques lignes pour offrir toute mon admiration à chacune d’elles ainsi qu’à mon mentor de toujours, JD Miller. Depuis le premier contact avec les filles il y a près de six mois, cet homme a littéralement dédié sa vie à cette cause. Et croyez-moi, quand JD décide de foncer pour changer les choses, il n’y a pas de demi-mesure. Même chose pour le réconfort extraordinaire qu’il a offert à ces femmes qui le méritent tellement. JD, tu es mon héros! Merci pour ta passion et ces heures INCALCULABLES de bénévolat que tu donnes au monde du sport depuis maintenant près de 30 ans.

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