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La Presse annonce 49 mises à pied et la fin de l'édition papier du samedi

Le quotidien La Presse abandonnera le papier de façon définitive à la fin de l'année. Elle annonce au même moment l'abolition de 49 postes permanents et temporaires, dont 17 à la rédaction.

L’édition du samedi 30 décembre prochain sera donc la dernière en format physique. La Presse ne publiait déjà plus sur support papier en semaine depuis le 1er janvier 2016.

Dans un texte publié en ligne, le président de La Presse, Pierre-Elliott Levasseur, explique cette décision par « le succès obtenu par son application pour tablette La Presse+ ». Il affirme que cette version numérique est lue sur 273 000 tablettes uniques chaque jour, selon des données de l’année 2016.

« Oui, il y a des postes qui sont directement liés à la fin du papier, mais surtout à la fin du modèle hybride, papier et numérique en même temps », précise M. Levasseur, en entrevue à Radio-Canada.

M. Levasseur ajoute que 90 % des revenus publicitaires de La Presse proviennent maintenant de ses plateformes numériques.

Toutefois, Richard Paradis, expert en communications et président du Groupe CIC, soulignait récemment, dans un reportage de Radio-Canada, que les journaux avaient perdu plus de la moitié de leurs parts du marché de la publicité au cours des cinq dernières années.

M. Levasseur ne peut fournir de données sur la performance financière de La Presse, invoquant une « politique d'entreprise ». « Je pense qu'on a réussi à élargir notre portée, insiste-t-il. Et on a attiré un profil plus jeune, donc on rayonne plus large dans la société. »

Des compressions déplorées avec nuances

Dans un communiqué, les syndicats du quotidien montréalais déplorent les nouvelles compressions. « Si La Presse est touchée par les difficultés économiques qui affectent la presse écrite, les syndicats agiront de manière responsable », affirme le président du Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse, Charles Côté.

« Les syndicats ont proposé des solutions à la direction pour réduire la masse salariale en septembre, comme la semaine de quatre jours [32 heures par semaine] pour les employés de la rédaction », ajoute M. Côté en entrevue à Radio-Canada.

« Évidemment, les gens sont sous le choc, reconnaît-il. Comme vous, ils ont de la difficulté à faire le lien avec tout ce qu'on entend de positif avec La Presse et son application mobile. Son succès indéniable du point de vue du lectorat, et ce qu'on a annoncé aujourd'hui. »

Des mesures d’accompagnement et un programme de départs volontaires sont prévus pour les employés touchés, qui auront quitté l’entreprise d’ici le début de l’année prochaine.

Malgré tout, il restera 215 syndiqués à la rédaction seulement, une fois les 17 postes abolis. « Même avec les coupes annoncées aujourd'hui, on restera plus nombreux qu'on l'était en 2010. C'est donc un portrait très nuancé qu'il faut faire », précise Charles Côté.

Le communiqué syndical rappelle également une récente victoire en arbitrage au sujet de la sécurité d'emploi. « Le 25 mai dernier, le Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse et le Syndicat des employés de bureau et de journaux ont eu gain de cause sur toute la ligne relativement aux dispositions touchant à la sécurité d'emploi. La décision ordonnait la réintégration de 26 employé-es, dont 10 à la rédaction et 16 dans les bureaux, qui avaient été licenciés illégalement en septembre 2015. Les syndicats vont s'assurer que ces clauses seront scrupuleusement respectées par l'employeur », écrivent les syndicats.

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