Programmé par le mouvement Danse Danse et présenté jusqu'à samedi au théâtre Maisonneuve de Montréal, le spectacle The Eternal Tides prend son temps pour exprimer sa poésie. Le talent des danseurs n'en est que plus éclatant.

Un texte de Mélanye Boissonnault

La chorégraphe de Taïwan Lin Lee-Chen crée depuis plus de 40 ans. Son oeuvre, The Eternal Tides (qui signifie les marées éternelles), présentée aux Montréalais, est un éloge de la lenteur. Une infinie lenteur. Le spectateur patient sera récompensé de superbes moments, mais il aura fallu y mettre le temps, deux heures en l'occurrence.

Pour illustrer, prenons le premier tableau, qui commence par le lever de voiles. Il révèle une danseuse au corps peint en blanc dont la longue tignasse noire tournoie tel un derviche tourneur.

Le mouvement s'amorce lentement, rythmé par deux tambours. Il dure 40 minutes.

Parmi les autres réussites, citons la scène d'amour d'un couple sous les confettis, les guerriers ou le sentier de pierre tracé en guise de finale.

Outre la mise en scène, il faut aussi souligner l'incroyable performance livrée par les danseurs. La lenteur est d'une redoutable exigence et les interprètes du Legend Lin Dance Theatre sont d'une précision qui n'a d'égale que la maîtrise de chacun des muscles de leur corps.

À une époque où tout va très vite, cet éloge de la lenteur est bienvenu, mais peut-être pas à la portée de tous.

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