Comme le veut la tradition, c'est sous un grand chapiteau installé au quai Jacques-Cartier que le Cirque du Soleil inaugurera son nouveau spectacle de tournée le 20 avril.

Un texte de Valérie-Micaela Bain

À quelques jours de la grande première, les médias ont eu droit à un avant-goût de cette production qui porte le nom de Volta.

« C’est inspiré de l’énergie, volt l’énergie, mais également de la volte-face, la capacité de changer le cours de sa vie quand on tombe en syncho avec son propre génie et c’est cette capacité-là, ce désir de pouvoir vivre qui on est qu’on explore dans ce spectacle-là », explique le directeur de création Jean Guibert.

Volta marque un virage jeunesse pour l’entreprise qui introduit la danse contemporaine et de nouvelles disciplines sportives à son spectacle, comme le vélo flatland, le vélocrosse (bmx).

Daniel Lamarre, président-directeur général du Cirque du Soleil, trouvait important de rajeunir la clientèle. Déjà, la campagne publicitaire du spectacle a favorisé la vente de billets auprès d’un public plus jeune. La diffusion d’extraits du spectacle dans les médias devrait maintenant donner un coup de pouce.

« On pense que des gens qui ne sont jamais venus au Cirque du Soleil, lorsqu’ils vont voir par exemple le spectacle de bmx, vont être attirés, vont être curieux de venir visiter le chapiteau. Cela dit, Volta compte aussi des numéros acrobatiques. Je ne pense pas qu’on va perdre notre clientèle traditionnelle parce qu’ils vont aussi se retrouver », dit Daniel Lamarre.

Volta raconte l’histoire de Waz, un animateur de jeu télévisé qui s’interroge sur le sens de sa vie.

« Il a perdu la connexion avec qui il est, c’est quelqu’un qui est un peu honteux de son apparence parce qu’il a des cheveux bleus et donc il les cache avec un masque d’or », explique le metteur en scène Bastien Alexandre.

Petit à petit, Waz constatera que cette vie ne lui convient plus. Sa quête le fera voyager à travers ses souvenirs d’enfance. Il fera la rencontre de personnages qui sont des esprits libres, qui lui apprendront à redécouvrir qui il est.

La distribution compte 46 artistes originaires de 17 pays, une fierté pour Daniel Lamarre qui croit que le succès du Cirque réside dans sa diversité culturelle.

Volta propose aussi une signature visuelle différente des précédents spectacles : la scène est plus profonde et les projections multimédias sont partie intégrante de la création. « C’est pas juste du contenu random qu’on met dedans [le chapiteau], décrit Thibault Duverneix, concepteur au contenu vidéo et interactif. On est vraiment capable d’aller travailler des formes, des ambiances, des déplacements qui sont parfaitement raccords avec l’espace. »

Jean-François Bouchard, guide créatif du Cirque du Soleil, est heureux du travail de son équipe. « On n’a pas de recette, dit-il, il faut toujours se réinventer comme dans tous les domaines. Si on veut surprendre notre public, on n’a pas le choix il faut arriver avec de nouveaux ingrédients. »

La direction estime avoir dépensé entre 25 et 30 millions de dollars sur sa nouvelle création. Daniel Lamarre explique que chaque fois que le Cirque du Soleil a misé gros, le retour a aussi été important. « À ce jour, chaque fois qu’on investit dans un nouveau spectacle de chapiteau, ça a tourné 15 ans à travers le monde, alors Volta, normalement, devrait tourner au minimum, alors on va facilement récupérer notre investissement. »

Le Cirque du Soleil a le vent dans les voiles avec 20 spectacles actifs un peu partout sur la planète. L’entreprise inaugurera son projet NFL Experience à Time Square, à New York, en novembre et planche sur de nouvelles productions.

Octobre marquera un tournant important pour le Cirque, qui percera pour la première fois le marché de la Chine avec une tournée d’au moins 14 mois de son spectacle Kooza. « On a TPG qui est notre partenaire principale avec la Caisse de dépôt et le fait qu’on ait un partenaire minoritaire, Fosun en Chine, ça nous a aidé beaucoup, beaucoup à percer ce marché-là », explique Daniel Lamarre.

Le Cirque du Soleil aura même son spectacle permanent en Chine dès 2018. Paramour, présenté sur Broadway, offrira sa dernière représentation le 16 avril, en raison de rénovations majeures qui auront lieu dans le Lyric Theatre.

« On est à discuter la possibilité de l’amener en Europe, et on regarde pour d’autres théâtres sur Broadway », explique le PDG du Cirque du Soleil.

Entre temps, Volta prend l’affiche à Montréal du 20 avril au 23 juillet. La production ira ensuite à Gatineau et à Toronto, avant de prendre le chemin des États-Unis.

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