Le 28 septembre 2000, Émilie Heymans s'élançait de la plateforme de 10 mètres pour son dernier plongeon aux Jeux olympiques de Sydney. Au fond du bassin l'attendait une médaille d'argent.

Un texte de Alexandre Gascon

16 ans plus tard, jour pour jour, c'est un autre genre de bain qu'a pris Heymans, médiatique celui-là, pour célébrer son intronisation au Panthéon des sports du Québec.

En Australie, à seulement 18 ans, la plongeuse de Pointe-Claire écrivait le premier chapitre de sa légende.

Parce qu'en se fiant aux chiffres, en effet, Heymans a connu une carrière légendaire. En 2012 à Londres, en remportant le bronze aux côtés de Jennifer Abel au 10 m synchronisé, elle devenait la première plongeuse de l'histoire à gagner une médaille dans quatre JO d'affilée.

« Avoir eu une carrière aussi longue, pendant 12 ans, c'est vraiment de ça dont je suis la plus fière », a résumé l'ancienne athlète, croisée quelques minutes avant son intronisation au club de golf Le Mirage à Terrebonne.

Aujourd'hui retraitée, poursuivant une carrière commerciale fructueuse, Heymans a regardé les Jeux olympiques de Rio à distance, chez elle, entourée de ses deux filles de 3 ans et 10 mois.

Loin de ses anciennes coéquipières, elle a vécu la conquête de la médaille de bronze au 10 m individuel de Meaghan Benfeito dans un mélange d'émotions.

Avec le dernier plongeon de Benfeito, une forme de soulagement est tombée sur la femme de 34 ans. Celui de ne plus être la porte-étendard de son sport chez les femmes.

Après son titre de vice-championne olympique à Pékin, enfin une autre médaille individuelle féminine pour le programme canadien, une deuxième seulement en 16 ans, se disait-elle.

Benfeito continuera à plonger, Abel aussi, elles l'ont confirmé. On ne parle toutefois plus de relève dans leur cas, et elle se fait mince. Heymans préfère voir les choses autrement.

« Les choses changent tellement vite. Penny (Oleksiak) la nageuse, il y a un an et demi ou deux ans, on ne la voyait pas du tout dans les cartes. Elle arrive et elle gagne 4 médailles en natation à ses premiers Jeux. Les choses peuvent tourner tellement vite. »

Pour Heymans toutefois, ce milieu du sport qui tourne si vite s'est arrêté mercredi soir pour lui rendre hommage. La plongeuse fait maintenant partie des éternelles du sport au Québec.

La cuvée 2016 du Panthéon des sports du Québec

Ils étaient sept à être intronisés lors de cette 26e édition du gala initié par feu Edgar Théorêt.

Outre Émilie Heymans, et l'hommage consenti à Jacques Demers, Kim St-Pierre, André Beaudoin, Maurice Tanguay, Jean-Philippe Darche et Dave Keon ont tous vu leur apport au monde du sport québécois entrer dans l'histoire de la province.

St-Pierre a remporté trois titres olympiques de 2002 à 2010 comme gardienne de but de l'équipe féminine canadienne de hockey.

Jean-Philippe Darche a joué neuf saisons dans la NFL avec les Seahawks de Seattle et les Chiefs de Kansas City, atteignant une fois le match du Super Bowl en 2006. Le Québécois a mené de front deux carrières en poursuivant ses études en médecine. Un parcours qui n'est pas sans rappeler celui d'un autre joueur des Chiefs, Laurent Duvernay-Tardif.

Dave Keon a récolté 986 points dans la Ligue nationale de hockey (LNH) en 1296 matchs avec les Maple Leafs de Toronto et les Whalers de Hartford.

André Beaudoin a participé à six reprises aux Jeux paralympiques en athlétisme en fauteuil roulant et totalise 14 médailles, dont deux d'or.

Maurice Tanguay, l'autre bâtisseur de cette plus récente cuvée, a été célébré pour son implication de 60 ans dans le milieu sportif à Québec et à Rimouski. On dénombre, parmi ses réalisations, l'implantation d'un club de hockey junior à Rimouski et de l'équipe de football du Rouge et Or de l'Université Laval.

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