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En Bolivie, un projet de route dans l'Amazonie fait controverse

Faut-il développer, ou préserver ? La question divise les communautés autochtones vivant en Amazonie, alors que le gouvernement de la Bolivie désire y construire une route de 300 kilomètres.

Comme l'écrit le journal El Deber de Santa Cruz, dans une recension du Courrier international, ce projet de construction routière remonte à 2011.

À l'époque, l'affaire avait suscité une vive opposition de la part des communautés autochtones vivant dans la région amazonienne de la Bolivie.

Après trois mois de protestations et une marche de 65 jours ayant pris fin à la capitale, La Paz, les populations en question, fortes de l'appui de militants, avaient poussé l'État à mettre en place une norme visant la protection du territoire en question.

Le 24 octobre 2011, La Paz promulguait ainsi une loi enchâssant le caractère « intangible » de ce parc national et territoire autochtone surnommé Tipnis - Territoire indigène et Parc national Isiboro-Sécure.

Le projet routier tombe alors dans l'oubli.

Voilà pourtant quelques semaines que le gouvernement d'Evo Morales, lui même issu de la nation aymara, a ramené l'idée à l'avant-plan, disant prôner le développement de la région isolée.

En août, une loi fait disparaître l'aspect « intangible » du Tipnis.

On y précise toutefois que « les routes terrestres, fluviales ou aériennes seront conçues avec les communautés autochtones ».

Brancher et éduquer

Pour le chef de l'État, la nouvelle loi découle d'un consensus avec les communautés autochtones. Plusieurs de ces groupes se sont pourtant « déclarés en état d'urgence », et ont annoncé la relance de leurs efforts de mobilisation, écrit El Deber.

Au journal Los Tiempos de Cochabamba, on rapporte que « 58 des 69 communautés approuvent le projet de route », espérant du même coup profiter de la manne économique et agricole que ce développement pourrait entraîner.

La Paz parle d'un accès plus facile aux écoles, mais aussi aux services de santé, ou encore au réseau électrique.

Contre les bulldozers du gouvernement se dressent les environnementalistes et défenseurs des droits de la personne.

Pour eux, l'État « renforce la présence des producteurs de coca pour tenir ses promesses électorales, alors qu'une autre route, ne traversant pas le Tipnis, pourrait être envisagée », lance ainsi un député de l'opposition interrogé par Los Tiempos.

« Tôt ou tard, cette route verra le jour », martèle le président Evo Morales, qui semble tenir mordicus à ce projet.

À lire aussi : Le recul des gauches d'Amérique latine 

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