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En classe dès 7 h 45 : trop tôt, selon les parents d'élèves de Laval

Jamais un sujet n'avait mobilisé autant de parents de Laval. Ils sont 8300 à s'être exprimés dans un sondage qui démontre un large mécontentement chez ceux dont les enfants commencent les classes à 7 h 45 le matin. Un impératif budgétaire, répond la commission scolaire, qui s'apprête à approuver aujourd'hui les horaires de la rentrée prochaine. 

Un texte de Thomas Gerbet

« Mes enfants sont à bout de souffle », écrit un parent du primaire. « Avec le transport, mes ados se lèvent à 5 h 45 », dénonce un autre du secondaire, dans ce sondage mené par le Comité de parents.

Plusieurs avouent leurs difficultés à s'organiser : « Je dois lever mon fils à 6 h 30, donc le coucher vers 19 h. Moi je finis de travailler à 17 h. Alors le temps de souper, faire les devoirs et le dodo, c'est vraiment très court. », peut-on lire parmi les centaines de témoignages. En commençant tôt, les élèves finissent les cours à 14 h 30 et certains doivent passer de longues heures au service de garde. 

À la Commission scolaire de Laval, une école primaire sur trois commence les classes à 7 h 45, de même qu'une école secondaire sur cinq. Les données du sondage analysées par Radio-Canada montrent que moins de 12 % des parents plébiscitent cet horaire et plus de 75 % privilégient un début des classes plus tardif. C'est l'horaire de 8 h 15 qui est le préféré des parents. 

« Les horaires ont une grande influence sur les familles », rappelle le président du comité de parents de la Commission scolaire de Laval, Sylvain Martel. Il a mené ce sondage pour faire entendre la voix des parents qui ne sont pas consultés dans la planification des horaires. « Nous voulons être partie prenante de la décision ».

Le transport scolaire en cause

Les élèves de Laval ont des horaires très variables selon les écoles. Alors que certains établissements commencent aussi tôt que 7 h 40, d'autres commencent les classes à 9 h 45. Pour économiser et rentabiliser le transport scolaire, les horaires ont été échelonnés pour permettre aux autobus de faire trois séries de voyages. 

« Quand ce sont les compagnies de transport qui gèrent les horaires, il y a un problème. », commente à ce propos un parent dans le sondage. 

La présidente rappelle aux parents que c'est avec leur accord qu'elle a réduit les coûts du transport scolaire afin de protéger les services aux élèves dans le cadre des compressions budgétaires imposées par le gouvernement. De nouveau à la recherche d'économies, le comité exécutif de la CSLaval prépare un nouveau plan pour optimiser davantage le transport, avec éventuellement quatre plages horaires.

Selon le président du comité de parents, il serait possible de conserver l'intégralité de cette logistique de transport tout en repoussant d'un seul bloc tous les horaires d'une trentaine de minutes. Mais Louise Lortie rappelle que commencer plus tard signifie aussi finir plus tard : « Il y a des jeunes du secondaire qui travaillent, ils ne voudront pas arriver chez eux à 18 h. »

7 h 45 : trop tôt, reconnaissaient la commission scolaire et les spécialistes

La présidente Louise Lortie mentionne d'elle-même que les médecins recommandent des classes qui débutent après 8 h pour les jeunes du primaire et après 9 h au secondaire. Selon le docteur Benoit Hammarrenger, neuropsychologue et père de deux élèves lavallois, « le fait de couper leur sommeil rend les enfants plus inattentifs, plus agités et moins disposés à apprendre. »

Le 26 avril, le président du Syndicat de l'enseignement de la région de Laval, Guy Bellemare, a remis un avis qui va dans le même sens à la CSLaval : « Les élèves ne devraient pas commencer leur horaire plus tôt que 8 h 15 et ne pas finir plus tard que 16 h 15 ».

Des parents satisfaits

La présidente de la CSLaval, Louise Lortie, remarque que dans le sondage, les parents sont globalement satisfaits des horaires, même parfois au sein d'écoles qui débutent à 7 h 45. « Dans plusieurs cas, les élèves arrivent au service de garde avant 7 h parce que le parent travaille tôt », mentionne-t-elle. Certains parents dénoncent même un début des classes trop tardif.

« Les parents qui trouvent que l'école n'est pas assez tôt utilisent souvent des arguments liés à leur propre travail. Ceux qui veulent que l'école commence plus tard évoquent plutôt le rythme des enfants », conclut Sylvain Martel. 

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