Le comédien Jocelyn Lebeau se fait le porte-parole de ses pairs dans une pièce de théâtre, Y paraît, qui propose une réflexion sur la génération Y.

Le solo théâtral a été présenté à l'occasion de Zone Homa, un festival du quartier Hochelaga-Maisonneuve qui mise sur les œuvres en développement qui portent un regard nouveau sur la société.

La pièce s'interroge sur la nature même des jeunes de cette génération. Le comédien a voulu aller plus loin que les idées toutes faites, notamment que la génération Y est accro aux ordinateurs, aux téléphones intelligents, aux jeux vidéo et que cette génération est obsédée par le paraître.

Sur scène, Jocelyn Lebeau lit les textes d'une dizaine d'auteurs de 20 à 35 ans et d'un « vieux » de 60 ans, le dramaturge René-Daniel Dubois.

« On n'est pas tous pareils. On n'est pas formatés, mais il y a quand même des points communs qui nous rassemblent. Quand j'ai eu 30 ans, ça m'est tombé dessus et il fallait que je pense où j'étais rendu dans la vie. Je voulais le faire collectivement avec des amis auteurs », explique Jocelyn Lebeau.

L'un des auteurs est le comédien et metteur en scène Simon Boulerice, qui a écrit un texte plein d'ironie sur le culte de l'apparence, de la célébrité et de l'obsession d'être reconnu. Des attitudes qu'on associe à la génération Y. Le texte Mon tour va bien finir par arriver est inspiré de sa propre histoire.

Le poète acadien Jonathan Roy a voulu parler d'une génération qui baigne dans la sexualité et la surabondance d'information. Un autre acadien, Gabriel Robichaud, un auteur et comédien de Moncton qui vit à Ottawa, évoque dans son texte les menaces qui pèsent sur la génération Y. « On a grandi avec le sida, le cancer », lance-t-il.

L'une des trois filles du groupe, la dramaturge montréalaise Annick Lefebvre s'est penchée sur la place de la religion dans la vie des 20-35 ans. Dans son texte, Remplir les stades, elle se demande par quoi la génération Y a remplacé l'Église.

Les auteurs donnent aussi la parole à d'autres générations. Les baby-boomers sont incarnés par Gilles Renaud et Marie-Thérèse Fortin.

« Ces jeunes-là prennent la parole avec une assurance avec une espèce d'ouverture d'esprit aussi, une capacité à nommer ce qu'ils vivent et à avoir un regard envers les autres générations aussi, explique la comédienne. Je trouve leur regard assez juste et très honnête et très beau en même temps. »

Même la mise en scène est à l'image des Y.

« Malheureusement, on est une génération qui a de la misère à se concentrer. Il y a donc en effet dans la mise en scène quelque chose qui nous stimule souvent. »

La version présentée lors de l'événement Zone Homa est la première mouture d'un projet de longue haleine, qui a été immortalisée dans un livre relié à la main et publié chez Possible Éditions, maison dirigée par des jeunes de la génération Y.

Avec les informations d'Ève Payette et de Tanya Lapointe

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