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Enquête pour corruption à Terrebonne : l'ex-maire Robitaille et 4 autres personnes arrêtés

L'ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille et quatre autres personnes devront répondre à des accusations de corruption dans les affaires municipales et d'abus de confiance, a annoncé jeudi l'Unité permanente anticorruption (UPAC)

L'UPAC indique que l'ex-maire Robitaille a été arrêté, de même que quatre autres suspects, dans le cadre de cette enquête, baptisée Médiator.

Il s'agit de l’ex-chef de cabinet du maire, Daniel Bélec, de l'ex-directeur général Luc Papillon, de l'entrepreneur Normand Trudel et de l’ingénieur Jean Leroux.

« Ces individus sont accusés de corruption dans les affaires municipales et d’abus de confiance, et ce, en lien avec un présumé système de partage de contrats qui visait à favoriser des firmes d’ingénieries ainsi que certains entrepreneurs, entre 2001 et 2012 », indique l'UPAC.

Selon nos informations, les accusés devraient comparaître le 2 mai, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Daniel Rock, l'avocat de l'ex-maire Robitaille, est en colère contre l'UPAC en raison de l'avis de recherche lancé contre son client jeudi matin, alors que la police savait, selon lui, que M. Robitaille se trouvait à son chalet.

« L'impression que ça donne, c'est que la personne se cache, mais lui il ne se cache pas. Il ne s'est jamais caché. Ils sont allés chez eux. Sa femme a dit : il est au chalet. Ils savent où est le chalet. Ils ont déjà perquisitionné au chalet et ils savent exactement tout ça. Alors, ce n'est pas une façon de procéder. Ce n'est pas de la police, c’est de la mise en scène. »

Le maire actuel, Marc-André Plante, a affirmé lors d’un point de presse, que la Ville de Terrebonne collabore à l’enquête de l’UPAC.

« Les citoyens veulent des réponses et s’attendent à ce que les personnes ciblées par l’enquête rendent des comptes et répondent de leurs gestes s’ils sont trouvés coupables. »

Une longue enquête

L'enquête de l'UPAC à Terrebonne est en cours depuis de nombreux mois. Le 13 juillet 2016, des centaines de policiers avaient été déployés pour perquisitionner à l'hôtel de ville et dans quatre lieux d'affaires et cinq résidences privées, dont celle de M. Robitaille.

Ce développement avait engendré de multiples répercussions. Un mois plus tard, M. Robitaille prenait un congé de maladie, avant de remettre sa démission au début du mois de novembre, en invoquant des problèmes de santé. Plusieurs élus de son parti avaient claqué la porte entre-temps.

M. Robitaille dirigeait Terrebonne depuis près de 20 ans. Il avait au préalable été député fédéral de Terrebonne de 1988 à 1993, sous la bannière du Parti progressiste-conservateur.

D'autres affaires

L'ex-maire s'était aussi retrouvé sur la sellette en septembre 2014 lorsque les travaux de la commission Charbonneau ont permis d'apprendre qu'il avait séjourné à deux reprises sur le Touch, le bateau de l'entrepreneur Tony Accurso, aux frais de ce dernier. M. Robitaille avait dû admettre les faits après les avoir niés.

En 2010, l'ex-maire Robitaille avait aussi été soupçonné de s'être placé en conflit d'intérêts lors de transactions entre la Ville et certaines entreprises, dont Transport Excavation Mascouche, l'entreprise de Normand Trudel.

M. Robitaille n'avait pas caché que M. Trudel était un ami de longue date, mais il niait tout conflit d'intérêts, et ce, même si l’entreprise de M. Trudel avait obtenu 7 % des contrats de la ville depuis 2007.

En mars 2017, Normand Trudel a écopé de 15 mois de prison pour avoir mis en place, avec un complice, un système favorisant la réélection du défunt maire de Mascouche Richard Marcotte.

L’entrepreneur Tony Accurso a lui aussi décrit sa grande amitié avec l’entrepreneur Normand Trudel, un partenaire d'affaires et de voyages qui a aussi séjourné sur le Touch, lors de son témoignage durant son procès pour corruption au terme duquel il a été acquitté.

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