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Entente politique entre Coalition Montréal et Projet Montréal

Après l'annonce par le candidat Jean Fortier de la suspension de sa campagne à la mairie, le parti Coalition Montréal confirme qu'il encouragera ses membres à voter pour Valérie Plante, à la suite d'une entente prévoyant que les élus de petits partis et les élus indépendants auront « un véritable rôle » si la chef de Projet Montréal est élue et dirige le prochain conseil municipal.

Un texte de Marc-Antoine Ménard

Coalition Montréal maintient ses 16 candidatures dans 7 arrondissements, dont celle de M. Fortier à titre de conseiller dans le district Peter-McGill de Ville-Marie, précise le communiqué du parti dirigé par Marvin Rotrand.

« Un enjeu de la campagne électorale, c’est le caractère, c’est l’intégrité et c’est aussi, malheureusement ou heureusement, les égos, a déclaré Jean Fortier mercredi en conférence de presse. Dans le cas de Valérie, ce que j’ai constaté [...] et c’est de là son leadership, c’est comme ça qu’elle attire les gens, c’est comme ça qu’elle m’a convaincu, c’est une personne qui peut passer au-dessus de ces égos, pour vraiment s’entourer des meilleures personnes, [...] les faire performer davantage, les rendre encore meilleures, pour que la ville soit vraiment encore meilleure. »

« C’est M. Rotrand qui a facilité également les conversations, au cours des derniers jours, pour en arriver à ce ralliement, pour offrir une alternative aux Montréalais et Montréalaises, leur offrir une administration, le 5 novembre, qui fera une gestion responsable et qui fera preuve d’énormément de transparence », a ajouté Valérie Plante.

La chef de Projet Montréal a précisé qu'il n'y avait aucune « entente de non-agression » entre les deux partis dans les arrondissements et districts. « Nous avons chacun notre plateforme, chacun nos idées », a-t-elle assuré, alors que Jean Fortier a évoqué de son côté des « ajustements » possibles à son programme politique.

L'entente annoncée mercredi entre les deux formations municipales se décline en quatre points :

  • accentuer le rôle des élus de petits partis et des élus indépendants au sein du conseil municipal, de même que l'influence des diverses commissions municipales sur les décisions qui s'y prennent;
  • mettre sur pied un groupe de travail multipartite sur le transport public, qui « étudiera aussi la possibilité de créer un poste de commissaire à la mobilité »;
  • créer un groupe de travail sur la réduction du fardeau fiscal des contribuables;
  • mettre sur pied un groupe de travail dans le but d'améliorer les relations entre la Ville centre et les arrondissements.

Tout en remerciant M. Fortier pour sa contribution à la campagne à la mairie, Marvin Rotrand a assuré que ses idées se retrouveraient dans la prochaine administration municipale. « Le prochain conseil va être beaucoup plus collégial. Des votes libres, on va le voir. De vraies discussions, la collaboration et le respect vont être le caractère du prochain conseil. J’ai beaucoup de confiance en Valérie », a-t-il résumé.

Sur le bulletin de vote

Le nom de Jean Fortier demeurera inscrit sur les bulletins de vote comme candidat à la mairie, « pour des raisons juridiques », indique Coalition Montréal. Cependant, il « cessera immédiatement toutes ses démarches actives dans le cadre de la campagne électorale à la faveur de Mme Valérie Plante ».

Ce n'est pas la première fois que Jean Fortier se désiste à l'approche d'une élection. Il l'avait fait en 2013, alors que Mélanie Joly, à l'époque chef de Vrai Changement pour Montréal, l'avait présenté comme l'un de ses candidats. M. Fortier rejette toutefois cette version des faits. « Je n’ai jamais été candidat. Je lui avais proposé [à Mme Joly] de l’être, j’étais bénévole et les gens en ont fait autre chose. Je m’excuse, mais je n’ai pas abandonné la course. Je me suis tout simplement adonné à d’autres choses à ce moment-là, j’étais un assistant bénévole et, deux ou trois mois avant l’élection, j’ai décidé que je faisais autre chose », a-t-il martelé à propos des dernières élections.

Coderre hausse les épaules

De son côté, le maire sortant de Montréal, Denis Coderre, prend note de cette nouvelle collaboration entre deux de ses adversaires.

« Même quand on travaillait, on avait des gens qui n’étaient pas de notre parti et qui avaient des postes de responsabilité, a-t-il toutefois souligné. Alors pour moi, regardez, c’est de bonne guerre, mais je ne pense pas que ça change grand-chose de toute façon. »

Marvin Rotrand est demeuré par exemple vice-président de la Société de transport de Montréal pendant presque toute la durée du mandat de l'administration Coderre. Le maire sortant lui a cependant retiré ce poste en juin dernier pour l'offrir à sa nouvelle recrue, la conseillère de ville sortante dans Villeray, Elsie Lefebvre.

La course à la mairie de Montréal se joue donc de plus en plus clairement entre Denis Coderre et Valérie Plante. Les cinq candidats indépendants n'ont, selon toute probabilité, ni la notoriété ni l'organisation pour parvenir à être élus le 5 novembre. C'est la première fois, depuis l'élection de Gérald Tremblay en 2001, que la lutte se déroule essentiellement entre un maire sortant et un ou une chef d'un autre parti.

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