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Explosion du nombre de chasseurs de dindons sauvages au Québec

La chasse au dindon sauvage gagne en popularité au Québec. Les chiffres le démontrent bien : le nombre de permis de chasse délivrés a quintuplé depuis 2008. Et elle génère maintenant des millions en retombées économiques.

Un texte d'Anne-Marie Provost, d'ICI Grand Montréal

Steve Tardif chasse le dindon sauvage depuis une dizaine d'années. Au printemps, il sort dès l'aube pour parcourir champs et forêts jusqu'à midi.

L'année dernière, plus de 12 000 permis ont été vendus pour la chasse au dindon sauvage, rapporte le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, qui s'attend cette année à dépasser les 13 000.

Une population grandissante

C'est en 2008 que la chasse au dindon sauvage a été permise au Québec. L'arrivée de cette espèce en provenance des États-Unis et de l'Ontario, où les populations sont en hausse, a contribué à accroître sa présence dans le sud du Québec. Il y a aussi eu de la relocalisation, entre 2003 et 2013, pour augmenter son aire de répartition.

Devant la popularité de cette chasse et la croissance grandissante de cette espèce, le ministère a mis sur pied, cette année, un premier plan de gestion du dindon sauvage, qui s'étalera jusqu'en 2023.

Il profitera de ce plan pour avoir une idée plus précise de la population de l'oiseau, qui continue à croître. Les premiers chiffres devraient être disponibles à la fin de l'été.

De son côté, Steve Tardif s'attend à ce que la saison de chasse, qui débutera le 29 avril prochain, soit plus fructueuse que l'année dernière.

« J'ai parlé avec des chasseurs partout au Québec. Avec l'hiver clément qu'on a eu, il y en a beaucoup. Le taux de survie a été excellent. Un mauvais hiver peut nous enlever jusqu'à 40 % des dindons », explique le président du Club de dindons sauvages Montréal.

Croiser des dindons sauvages à Montréal

On ne croise pas seulement le dindon sauvage en pleine nature. Symptôme de la plus grande présence de cette espèce au Québec, certains ont eu la surprise d'en côtoyer en pleine ville.

Denis DuSablon conduisait sur la rue Hochelaga à Montréal lundi matin quand il a vu un dindon proche d'une cabine téléphonique, sur le terrain d'une station-service.

« J'ai dit à ma femme "dis-moi pas qu'ils sont rendus à Montréal". En campagne, on en voit qui se promènent en groupe de 10-12 autour du chalet », raconte le résident de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. « Je me suis arrêté dans le stationnement proche de lui pour le prendre en photo, mais il n'a pas réagi », ajoute-t-il.

Montréal se trouve dans une zone où la présence du dindon sauvage est bien établie, selon une carte du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

François Lebel n'est donc pas surpris de leur présence en ville.

« Sans dire que c'est des habitats extraordinaires, il y a quand même la présence de boisés. Le dindon sauvage a une capacité de déplacement intéressante, car il peut voler », explique le biologiste du ministère.

Il ajoute qu'il ne s'agit pas d'un animal agressif.

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