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Facture salée pour le remplacement des tuyaux en plomb

La facture s'alourdit pour le remplacement des tuyaux de plomb par la Ville de Montréal. Le montant total estimé a plus que doublé en 10 ans, mais seulement une fraction des travaux a été réalisée jusqu'à maintenant.

Un texte de Julien Poirier-Malo

Montréal compte environ 69 000 propriétés dont l'alimentation en eau potable passe par un conduit en plomb. Ces tuyaux, largement utilisés dans la construction de maisons et d'immeubles à logements avant 1970, relient la résidence à l'aqueduc situé sous la rue.

La Ville de Montréal est responsable de l'entretien - et du remplacement, si nécessaire - de la partie située entre la rue et le trottoir. Le propriétaire prend en charge le tronçon restant, entre le trottoir et la résidence.

En 2006, la Direction de la santé publique révélait que les concentrations de plomb dans l'eau du robinet de ces résidences dépassaient les normes établies par le gouvernement du Québec.

Dans la foulée, l'administration du maire Gérald Tremblay a dévoilé un plan d'action visant à remplacer, d'ici 2026, les tronçons publics de tous les conduits de plomb de la ville. Or, le montant total de l'opération, d'abord estimé à 240 millions de dollars, atteint désormais plus de 500 million de dollars. Pourtant, moins de 15 % des travaux ont été réalisés jusqu'à maintenant.

Selon Philippe Sabourin, relationniste à la Ville de Montréal, l'explosion des coûts est due à des estimations incorrectes. Initialement, l'administration croyait pouvoir profiter des chantiers de réfection d'aqueducs ou de chaussée pour procéder au remplacement des tuyaux de plomb.

Or, la ville de Montréal a réalisé par après que la plupart des rues où se trouvent les tuyaux de plomb ne nécessitaient pas de rénovations. Dans de nombreux cas, des chaussées ont donc dû être excavées uniquement pour le remplacement des conduits de plomb, ce qui a fait grimper la facture.

À Projet Montréal, Sylvain Ouellet, responsable de l'opposition officielle en matière d'eau et d'environnement, y voit de la mauvaise planification. Qui plus est, la faiblesse du risque lié aux concentrations de plomb dans l'eau potable ne justifie pas des budgets si importants.

Quoi qu'il en soit, la Ville de Montréal accélère la cadence pour atteindre son objectif initial. Au cours des dix prochaines années, 5000 conduits seront changés annuellement, par opposition à 1000 jusqu'à maintenant.

Quant aux propriétaires, ils n'ont pas l'obligation de procéder au remplacement des conduites situées entre le trottoir et leur résidence, opération qui peut se chiffrer à plusieurs milliers de dollars. Toutefois, ils sont invités à contacter la Ville de Montréal pour connaître la date d'éventuels chantiers prévus sur leur rue. Ils pourraient ainsi profiter de l'excavation pour remplacer leur partie du conduit, à plus faible coût.

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