BILLET - Eugenie Bouchard a perdu son match de troisième tour aux Internationaux d'Australie. En la regardant se battre contre l'Américaine Coco Vandeweghe, beaucoup plus puissante qu'elle, je me suis demandé combien de temps il faudrait encore avant qu'on lui pardonne.

Bouchard a joué un bon match contre Vandeweghe. Il est apparu évident, dès la première manche perdue 4-6, qu’elle ne pouvait rivaliser avec le service de sa rivale. Eugenie trimait dur pour gagner son service, alors que Vandeweghe mettait à peine deux minutes à lui enfiler quatre (parfois cinq) boulets à bout de bras ou dans les pieds pour gagner le sien. Le scénario était écrit, le compte à rebours amorcé.

Pourtant, Bouchard n’a pas abandonné. Elle a maintenu l’allure, ajusté son jeu et enchaîné les bons coups pour renverser la tendance et remporter la deuxième manche. Et c’est au terme d’un duel épique, ponctué d’un neuvième jeu de plus de 15 minutes en troisième manche, qu’elle a fini par céder.

Pas une lâcheuse

Je n’ai rien raté du match. Pas un échange.

Vandeweghe a gagné le match. Ce n’est pas Bouchard qui l’a perdu. Avec un coffre à outils moins bien garni que sa rivale, elle s’est battue vaillamment et intelligemment. Je suis presque gêné de vous l’avouer, mais j’avais envie de l’applaudir.

Méchante Eugenie

Pourquoi gêné? Parce que la perception que les gens ont d’Eugenie n’est pas flatteuse. Pas du tout.

Lorsqu’elle a dit devant la presse que sa prononciation du français ne ressemblait « heureusement pas » à celle des Québécois, elle s’est fait des ennemis. Dans les moments difficiles traversés depuis deux ans, ses réponses laconiques et froides ne l’ont pas aidée non plus.

Les dollars, c’est antipathique

Ses immenses contrats de commandite lui ont aussi valu quelques railleries. Selon le magazine économique Forbes, Bouchard vient au 10e rang des sportives les mieux payées au monde, tous sports confondus. De ses 6,2 millions de dollars de revenus en 2016, il n’y a que 700 000 $ qui sont issus de ses gains en compétition. Le reste? Des contrats de commandites avec Coca-Cola, Rogers, Aviva, Nike et Babolat.

J’ai entendu quelques collègues la comparer à Anna Kournikova, la flamboyante joueuse russe qui a traversé le firmament du tennis comme une comète à la fin des années 1990. Cherchez-la sur Google image. Dans les 50 premières photos, il y en a une en tenue de tennis et 49 en maillot de bain.

Parlant de maillot…

Cette photo publiée par Eugenie Bouchard elle-même, l’automne dernier, a alimenté encore un peu plus le courroux des « puristes ». Eugenie faisait encore parler d’elle pour autre chose qu’une victoire.

Mais son début de saison les fait taire doucement. Sérieuse, appliquée, disponible pour la presse, elle a remporté quelques victoires, et des belles. Quand elle a perdu, elle l’a fait avec panache, sans excuses ni faux-fuyants.

Alors même pour ses détracteurs, le moment est peut-être venu d’ouvrir une porte, de cesser les jérémiades et de lui donner une seconde chance, non?

Bouchard a 22 ans. Est-ce qu’on n’a pas tous un peu (beaucoup) trébuché à cet âge-là?

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