Le passage de Félix Ménard-Brière à Winnipeg ne s'est pas terminé de la manière escomptée. Libéré le 21 juin par les Blue Bombers, le botteur effectuera un retour dans le giron des Carabins de l'Université de Montréal (UdeM).

Un texte de Félix St-Aubin

Le plan initial n'était évidemment pas de renouer avec les Bleus, lui qui s'était inscrit sur la liste des joueurs pouvant être sélectionnés au repêchage de la LCF.

D'un commun accord, le directeur général des Blue Bombers Kyle Walters, l'agent de joueurs Sasha Ghavami et Ménard-Brière ont estimé qu'il était préférable pour le développement du principal intéressé qu'il poursuive sa progression dans les rangs universitaires.

« Pour son cheminement, c'est mieux qu'il revienne à Montréal pour s'entraîner avec l'entraîneur des botteurs. L'important, c'est qu'il a appris beaucoup durant le camp d'entraînement. Il a vu Justin Medlock, l'un des meilleurs dans la Ligue canadienne. Ça lui a permis d'assimiler beaucoup de choses, mais pour s'améliorer, il faut s'entraîner. Au bout du compte, l'équipe était d'accord. »

Un état d'esprit qui est évidemment partagé par le produit des Nomades du Collège Montmorency.

« Je me suis dit que ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée de revenir à Montréal, de poursuivre ma progression et m'entraîner dans un endroit qui m'est familier, avec mes entraîneurs et mes coéquipiers des Carabins. En plus, ça me permet de finir mon baccalauréat », a expliqué Ménard-Brière.

« J'ai avisé l'organisation de mon désir, et [les dirigeants] ont été très compréhensifs. On a eu de bonnes conversations et le tout s'est bien déroulé. Je pense que c'est le meilleur des deux mondes pour moi ainsi que pour eux », a-t-il poursuivi.

Selon les règlements du circuit Ambrosie, les droits de Ménard-Brière appartiennent toujours à l'organisation manitobaine, et ce, même si elle a coupé les ponts avec l'athlète-étudiant il y a trois semaines.

Des scénarios semblables

Ghavami n'a pas vu l'utilité de regarder si le gazon était plus vert ailleurs au Canada.

Son protégé et lui-même ont opté pour un retour dans la métropole québécoise puisque les options d'obtenir un poste de partant dans l'une ou l'autre des huit autres formations de la LCF étaient pratiquement inexistantes.

« C'est bien beau de négocier avec d'autres équipes, j'aurais pu tâter le terrain pour ça, mais discuter avec une autre organisation pour qu'il se retrouve sur l'équipe d'entraînement ne nous avantage pas plus, a soutenu celui qui s'occupe de la carrière de nombreux joueurs de la Belle Province.

« Il faut qu'il joue pour avoir le meilleur film en situation de match parce que c'est ça que les équipes regardent lorsque c'est le moment d'évaluer un joueur. Elles ne regardent pas les entraînements des autres formations, elles ne peuvent pas. Elles visionnent le film en situation de match, et c'est là que Félix est avantagé d'avoir sa cinquième année d'admissibilité. »

Par le passé, la décision de favoriser le U Sports (ou le Sport interuniversitaire canadien, jadis) au détriment d'un poste sur une équipe d'entraînement a porté ses fruits pour certains joueurs qui ont emprunté cette avenue.

C'est notamment le cas de Félix Faubert-Lussier, l'un des clients de Ghavami qui a fait l'étalage de son talent sous les couleurs du Rouge et Or de l'Université Laval.

Le receveur de passes a eu le luxe de choisir, il y a un an, entre sa cinquième et ultime saison dans la capitale provinciale et un rôle sur l'équipe d'entraînement des Tiger-Cats de Hamilton, l'organisation qui avait fait de lui un choix de 5e tour, 39e au total, quelques mois plus tôt.

À titre comparatif, Ménard-Brière a été sélectionné au 34e échelon, soit à l'avant-dernier rang du 4e tour.

Avec du recul, Faubert-Lussier se félicite d'avoir préféré le Rouge et Or, lui qui est désormais un membre à part entière des Tiger-Cats. Au-delà d'une meilleure forme physique, d'un rehaussement de son niveau de confiance et d'une transition plus aisée, la dernière campagne lui a permis d'ajouter une bague de la Coupe Vanier à son palmarès.

Accueilli à bras ouverts

Durant son séjour de quelques semaines au Manitoba, Ménard-Brière a tissé des liens avec le vétéran Justin Medlock, une sommité chez les botteurs. Celui qui décrochera prochainement son diplôme d'études universitaires en architecture de paysage a pu observer l'un des meilleurs de sa profession à l'oeuvre, en plus de converser avec lui à maintes reprises.

« Medlock est l'un des gars comiques de l'équipe. On a eu beaucoup de plaisir, on a beaucoup ri ensemble. Je pense qu'on se contait plus de blagues que l'on parlait de football, a avoué le Québécois. Justement, ç'a peut-être aidé pour que j'apprécie mon temps là-bas et pour relâcher la pression d'un premier camp d'entraînement professionnel. »

L'athlète aux aptitudes physiques supérieures à la moyenne ne ressent pas une pression supplémentaire due au fait qu'il a été invité au camp d'entraînement des Giants de New York et qu'il a été le premier botteur sélectionné lors du dernier repêchage amateur de la LCF.

« Ça m'a [plutôt] donné plus de confiance en mon talent d'avoir cette reconnaissance des ligues professionnelles. Je ne vois pas ça comme une pression de faire mieux ou de prouver que je valais cela, a-t-il énoncé.

« Si j'étais assez bon l'an passé pour recevoir ces invitations, j'ai simplement à faire la même chose cette année. Et peut-être que l'année prochaine ça va se conclure différemment. (...) Je ne me compare pas aux autres, je me compare à mes dernières saisons. »

Ménard-Brière espère bien que sa cinquième année d'admissibilité dans le U Sports lui offre un dénouement analogue à celui de Faubert-Lussier. Et qui sait, peut-être qu'il bouclera à son tour son parcours universitaire avec une nouvelle conquête de la Couper Vanier à son actif.

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