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Femme enceinte assassinée à Beloeil : un double meurtre cruel, selon la famille

La famille de Cheryl Bau-Tremblay déplore que son ex-conjoint n'ait pas été condamné pour le meurtre de son fils à naître. Les proches s'exprimaient alors que les avocats des deux parties suggéraient au tribunal qu'Alexandre Gendron soit condamné à passer au moins 12 ans derrière les barreaux avant d'être admissible à une libération conditionnelle.

Un texte de Geneviève Garon

« Ça sera toujours un double meurtre d'une cruauté gratuite », a conclu Cydji Bau-Tremblay en sanglotant, alors qu'elle lisait une lettre adressée à la cour. Trois ans après le meurtre, la soeur de Cheryl Bau-Tremblay a encore le réflexe de vouloir téléphoner à la victime et souffre du fait qu'elle n'aura jamais pu connaître son filleul.

Le corps de la jeune femme de 29 ans a été retrouvé sous le lit de la résidence qu'elle partageait avec son conjoint, Alexandre Gendron, le 6 août 2015 à Beloeil. La femme enceinte de 20 semaines est morte étranglée.

Le 22 juin dernier, Alexandre Gendron a été reconnu coupable du meurtre non prémédité de Cheryl Bau-Tremblay, puisqu'il n'aurait pas accepté la rupture. Comme le foetus n'a aucun statut légal au Canada, l'homme n'a pas été accusé du meurtre de l'enfant à naître. Mais la famille estime qu'il s'agissait d'un « être à part entière ».

« Il y aura toujours un petit-fils, un premier, manquant », a déclaré la mère de la victime, Nicole Bau, qui a souffert d'une profonde dépression après le drame. D'une voix calme, elle a décrit au tribunal ses visites quotidiennes au cimetière dans l'année suivant la mort de sa fille « afin qu'elle ne se sente pas seule, abandonnée ».

La famille témoignait par visioconférence à partir du palais de justice de Roberval alors que le tribunal siégeait à Saint-Hyacinthe.

Au moins 12 ans d'incarcération

Avec le verdict de culpabilité, Alexandre Gendron a automatiquement écopé de l'emprisonnement à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant une période de 10 à 25 ans derrière les barreaux. Lundi, les deux parties ont suggéré au tribunal de lui imposer un minimum de 12 ans de détention.

« C'est un crime qui est d'autant plus odieux », a affirmé la procureure aux poursuites criminelles et pénales Sandra Bilodeau, en référence à l'enfant que portait la victime. La poursuite a également dénoncé le « fléau » de la violence conjugale et souligné les nombreux antécédents judiciaires d'Alexandre Gendron pour menaces, vols et voies de fait, notamment.

Gendron s'excuse

« Je m'excuse auprès de la famille, sincèrement. Je l'aimais, cette fille-là aussi », a déclaré Alexandre Gendron après avoir écouté les témoignages de son ancienne belle-famille, la tête basse. Il s'est dit « sous le choc ».

« C'est terrible, l'alcoolisme », a mentionné son avocat, Me Guy Quirion, en abordant les nombreuses rechutes de son client de 38 ans depuis l'adolescence.

Il a insisté sur le fait que son client, qui était « un des meilleurs tireurs de joints », n'est pas « une mauvaise personne » et ne représente pas un danger pour la société.

Le juge Daniel Royer de la Cour supérieure a annoncé son intention d'entériner la suggestion commune des parties jeudi.

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