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Femmes autochtones : l'Enquête fédérale tiendra une série d'audiences publiques à l'automne

L'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) tiendra neuf audiences publiques entre septembre et décembre pour permettre aux victimes et à leur famille de partager leurs histoires.

Un texte de Vanessa Destiné

En point de presse jeudi après-midi, la commissaire Michèle Audette a dévoilé les neuf dates retenues ainsi que les villes où se tiendront les audiences. « Enfin, on vous annonce du positif, du concret », a-t-elle lancé d'entrée de jeu, accompagnée de ses deux filles.

Les audiences, qui se dérouleront du 11 septembre au 4 décembre, seront précédées par une série de visites sur le terrain afin d'aider les témoins et les communautés à se familiariser avec les démarches de l'enquête, mais aussi pour les préparer, sur le plan psychologique et social, aux audiences à venir.

Michèle Audette ajoute que les visites de terrain permettront à l'équipe de l'ENFFADA de mieux saisir « les tendances » et d'être en mesure de mieux identifier les « problématiques locales » propres à chaque communauté.

Ces visites, qui auront lieu du 17 juillet au 5 septembre prochain, sont absolument nécessaires pour jeter les bases des audiences publiques, a affirmé Michèle Audette. Elle ajoute que la décision de procéder de cette façon a grandement été influencée par les recommandations émises par les différents acteurs du milieu associatif autochtone, mais aussi par les communautés elles-mêmes.

Une attention particulière sera accordée aux communautés vivant dans des régions rurales éloignées ou difficiles d’accès. L'équipe se montre également soucieuse d'offrir un environnement inclusif, qui permettra aux personnes très vulnérables, notamment celles appartenant à la communauté LGBT, de prendre la parole en toute sécurité.

Une fois que le volet terrain sera terminé, l'équipe de l'ENFFADA entamera le processus des audiences publiques qui auront lieu un peu partout au pays. L'équipe restera une semaine dans chacune des villes à l'agenda.

Une deuxième série de dates – cette fois pour les audiences de l'hiver et du printemps 2018 – seront annoncées au cours des prochaines semaines.

L'Enquête fédérale organisera également deux audiences d'experts « qui feront appel à des experts reconnus [...] sur des questions bien précises ». La première aura lieu à Winnipeg et portera sur les lois autochtones et la décolonisation. La seconde se déroulera à Montréal et fera place à la question des droits de la personne.

Les dates d'audience ont été annoncées en simultané par Mme Audette et Marion Buller, la commissaire en chef de l'Enquête nationale, cette dernière se trouvant à Vancouver, pour un point de presse en anglais.

Une demande de prolongation

Michèle Audette a par ailleurs indiqué que l'Enquête fédérale présenterait une demande de prolongation au gouvernement. L'ENFFADA devait normalement remettre un rapport définitif en novembre 2018, avec un budget venant à échéance le mois suivant.

Alors que la commission avait déjà été la cible de critiques virulentes dénonçant la lenteur des travaux, Mme Audette soutient que son équipe agit dans les temps et que la prolongation était plutôt nécessaire pour récolter plus de données.

« On a besoin de temps pour bien faire les choses », a-t-elle insisté.

Michèle Audette a aussi balayé du revers de la main les inquiétudes soulevées par les nombreuses démissions au sein de l'équipe de l'ENFFADA de même que les critiques évoquant des problèmes de structure.

« On a assuré une transition depuis le début, on assure un leadership solide », a-t-elle soutenu, en répétant que ces inquiétudes étaient non fondées.

De son côté, Marion Buller a également voulu se montrer rassurante, affirmant que les travaux de l'ENFFADA n'étaient pas perturbés par la vague de départs.

« [Mes collègues] sont partis pour des raisons personnelles, certains pour le poste d'une vie. Nous sommes préparés au roulement des équipes, cela ne change en rien les plans », a-t-elle assuré, évacuant du même coup les rumeurs persistantes sur son propre avenir au sein de l'ENFFADA.

Une annonce accueillie avec soulagement

La présidente de l’association Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, a accueilli favorablement l'annonce de la commissaire Audette, se disant « satisfaite de la réponse jusqu'à présent ».

La semaine dernière, Mme Michel avait effectué une sortie en dénonçant un manque d'organisation au sein de l'ENFFADA et en affirmant qu'il y avait « beaucoup de questions laissées sans réponses » à la suite du départ de la directrice, Michèle Moreau.

« Je pense qu’ils ont réagi par rapport à nos inquiétudes. On a eu des réponses quant aux questionnements qu'on avait. Nos critiques ne se voulaient pas négatives, mais bien constructives », a précisé Mme Michel en entrevue téléphonique.

Viviane Michel a ajouté qu'il était « normal de se poser des questions » après cinq démissions et qu'elle attendait toujours de voir qui avait été choisi pour succéder à Michèle Moreau.

Mme Michel a également indiqué qu'elle surveillait attentivement l'annonce des prochaines dates d'audiences, dans l'espoir que l'équipe de l'ENFFADA ajoute davantage d'arrêts au Québec pour discuter avec les 54 autres communautés de la province.

La présidente de la FAC a terminé en affirmant qu'elle voyait d'un bon oeil la décision de demander une prolongation pour la réalisation de l'enquête. « On a besoin de délais supplémentaires pour mieux rattraper le retard accumulé [...], on l'avait déjà demandé parce qu'on le savait que c'était insensé de finir un [gros] mandat comme ça à court terme. »

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