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Fêter ses 100 ans avec ses élèves de l’année 1949

Elle leur a enseigné en 1949 et ils la revoient régulièrement. D'anciens élèves de Victoire Simoneau ont fêté avec elle ses 100 ans.

Un texte d’Anne-Louise Despatie

C'est au hasard d'une rencontre de travail qu'un ancien élève de Mme Simoneau se retrouve assis devant un membre de la famille de son ancienne enseignante.

« Quand elle apprend que j'ai grandi à Marieville, elle me dit que sa belle-sœur, ancienne religieuse au couvent de La Présentation de Marie, a enseigné à des garçons. À l'époque, c'était rare que des religieuses fasse l'école à des garçons », raconte Jacques Desautels, qui reconnaît aussitôt son institutrice. Depuis une dizaine d'années, avec quelques camarades de classe, il revoit Victoire Simoneau. Le 6 juin, ils ont souligné son 100e anniversaire.

Victoire Simoneau ne porte plus le nom de sœur Sainte-Marie Monique, mais le souvenir qu'elle a laissé auprès de ses « petits gars » est bien vivant.

« C'était pas dans l'air du temps d'être proche des enfants, d'aimer les enfants, c'était l'autorité. Mais elle avait trois longueurs d'avance sur les autres enseignants, parce qu'elle était à notre niveau », se rappelle André Tétreault.

« Moi je me souviens d'elle quand elle est entrée dans le parloir, je la trouvais belle. Une voix douce, gentille, un sourire », dit Gilles Beauregard, qui a lui-même enseigné.

« Sa personnalité unique, son attitude, l'assurance qu'elle nous a donnée, il y a un tas d'explications pour qu'un enseignant marque des élèves et pas d'autres. C'est probablement un peu tout ça qui explique que tant d'années après, on est content de la retrouver », dit Jacques Desautels.

La vocation d'enseignante de Victoire Simoneau

« J'ai jamais dit à un enfant de se taire. Vous savez, ils passent des réflexions, mais leurs réflexions sont toujours à point », dit Mme Simoneau, pour qui l'enseignement auprès des enfants est une vocation.

« Je trouvais ça important parce qu'il vont s'en souvenir... Et je ne me suis pas trompée », dit-elle.

Victoire Simoneau est la cinquième d'une fratrie de dix et la seule encore vivante. Elle naît en 1918 et ses parents la prénomment Victoire.

Après 15 années d'enseignement aux adultes à Montréal, elle quitte sa communauté religieuse qui voudrait qu'elle revienne à Saint-Hyacinthe. Elle a alors 67 ans.

« Ma vie, c'est une vie de fou, raconte-t-elle. À 67 ans, quand tout le monde veut la sécurité, je m'en vais dans l'insécurité complète. Quand j'ai décidé de quitter, c'était parce que j'avais appris à vivre en dehors. Ç'aurait été trop, alors j'ai dit non. Je peux aller au ciel quand même! »

Maintenant, elle vit seule dans un appartement au deuxième étage d’un immeuble, et reçoit l'aide de ses neveux.

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