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Fin des auditions pour les musiciens et amuseurs publics du Vieux-Montréal

Afin de réaliser des économies et de s'assurer que les musiciens et les amuseurs publics se produisent légalement dans son centre-ville, Montréal a décidé de mettre fin aux auditions préalables pour obtenir un permis d'exercice.

Un texte de Romain Schué

Les jongleurs, mimes, chanteurs, magiciens, clowns, sculpteurs de ballon ou encore danseurs pourront désormais se produire dans les rues de l'arrondissement de Ville-Marie sans avoir à faire leurs preuves devant un jury. Tel est le nouveau règlement qui sera adopté mardi soir par les élus de cet arrondissement.

Ces auditions, comme l’indique un document municipal, mobilisaient par le passé « un jury de sélection rémunéré », composé de cinq personnes. Cette procédure occasionnait des coûts de gestion représentant « 30 % de la valeur des recettes de vente de permis ». Une économie d’environ 15 000 $ est évoquée, alors qu’un permis coûte 160 $.

« Or, ce processus n'apporte pas, au bout du compte, de réelle valeur ajoutée quant à la qualité des musiciens et amuseurs publics qui exercent sur le domaine public », peut-on lire dans ce texte.

« Cette instance demandait beaucoup d'énergie, mais sans apporter de garantie », reprend la conseillère de Ville-Marie, Sophie Mauzerolle.

Ces auditions, qui se tenaient à des dates fixes en début de saison, empêchaient également, selon la Ville, des artistes de se mettre en règle lorsque la période des auditions était passée. Ils exerçaient alors leurs activités illégalement sur le domaine public.

Ces « nouvelles règles d'émission des permis devraient contribuer à régler la problématique des musiciens et amuseurs publics illégaux. En effet, ceux-ci pourront désormais acquérir un permis en tout temps au cours de la saison. Elles permettront également à des musiciens ou amuseurs publics de passage d'obtenir un permis et de se produire en toute légalité », ajoute ce document.

Preuves d’adhésion ou de pratique professionnelle requises

Ces dernières années, selon la Ville, entre 85 et 140 nouvelles personnes passaient des auditions devant ce comité de sélection. Celui-ci était chargé de vérifier que les requérants rencontraient les critères minimums prescrits au règlement afin d’obtenir un permis. Cependant, précise l’administration, 15 à 25 % des requérants conformes ne venaient pas chercher leur permis.

Désormais, pour l’obtenir, un artiste devra fournir une preuve d’adhésion provenant d’une association professionnelle reconnue ou d’un regroupement d’artistes de rue, ou encore apporter une preuve faisant état d’un certain niveau de formation ou d’une pratique professionnelle.

En modifiant ce règlement, l’arrondissement ne prévoit cependant pas d’augmentation du nombre de permis. Selon les années, entre 175 et 215 autorisations sont émises. Cependant, « dans l'éventualité d'une augmentation significative, le règlement permet de contingenter le nombre de permis », indique l’arrondissement de Ville-Marie.

Ce dernier, qui assure avoir le soutien du Comité paritaire des musiciens et amuseurs publics, prévoit informer les détenteurs de permis au cours d’une réunion qui devrait se tenir à la mi-mai.

Un encadrement pour limiter les « conflits »

Les musiciens et amuseurs publics ne pourront cependant pas exercer leurs activités dans toutes les rues de l’arrondissement de Ville-Marie. Il est notamment interdit de se présenter sur les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame, à La Ronde ou encore sur le territoire du Vieux-Port.

La présence de ces artistes dans un quadrilatère délimité par les rues Saint-Antoine, Berri, de la Commune et Saint-François-Xavier est également soumise à des emplacements et heures désignés.

Nouveauté pour la saison 2018, une réservation en ligne est désormais exigée pour se rendre sur la place d’Armes, en raison, explique la Ville, d’une augmentation massive au fil des ans, qui a par ailleurs provoqué « certaines plaintes concernant l’usage des lieux, l’ordre et le niveau sonore ».

Selon l’administration, des « frictions et conflits » se sont développés dans le Vieux-Montréal et particulièrement au niveau de la place Jacques-Cartier, entre ces artistes, les résidents et les commerçants, « rendant nécessaire un encadrement particulier ».

« On veut que tout le monde puisse cohabiter, assure Sophie Mauzerolle. On souhaite que les amuseurs puissent faire leur travail, sans nuire aux commerçants voisins, pour que ce soit intéressant pour les touristes et les Montréalais. »

En cas de « plaintes répétées », l’arrondissement souligne qu’il pourra révoquer un permis délivré, sans aucun remboursement des frais dépensés.

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