Retour

Formule E : Di Grassi remporte la course du samedi, Buemi disqualifié

Après la première de deux courses cette fin de semaine au ePrix de Montréal, le Brésilien Lucas di Grassi (ABT Schaeffler Audi Sport) a terminé en tête, samedi, tout juste devant Jean-Éric Vergne (Techeetah).

Coup de théâtre, Sébastien Buemi (Renault e.dams), 12e au départ, et qui croyait avoir réalisé une belle remontée jusqu'au 4e rang, a finalement été disqualifié par les commissaires. La raison : sa deuxième voiture était trop légère de quatre kilos par rapport au poids limite exigé.

La décision des commissaires est survenue quelques heures après la fin de la course. C'est donc dire que le champion en titre de Formule électrique (FE) perd les 12 points qu'il croyait avoir accumulés samedi.

Le pilote de Renault e.dams a dû faire changer la batterie de sa voiture après son accident pendant les essais libres, ce qui lui a valu une pénalité de 10 positions, après les qualifications. Ces modifications hâtives ont peut-être été à l'origine du changement de poids de l'appareil que devait conduire Buemi.

Le Suisse participera tout de même à la compétition dimanche.

Jamais véritablement inquiété par ses rivaux, di Grassi a devancé les coéquipiers de l'équipe Techeetah Jean-Éric Vergne et Stéphane Sarrazin par respectivement 0,350 et 7,869 secondes, pour gagner la première course d’un programme double.

« Je viens de connaître ma meilleure journée en FE », s'est exclamé di Grassi.

« J'ai amassé 28 points de classement au bon moment, a-t-il ajouté. Vous savez, la Formule E peut vous offrir le meilleur comme le pire dans un seul tour, et une seule mauvaise décision peut tout changer. Vous ne savez jamais. »

Di Grassi mène maintenant le championnat des pilotes par 18 points devant Buemi. Ce dernier, visiblement frustré par la tournure des événements, s'en est pris à la plupart des pilotes qui ont croisé son chemin dans la ligne des puits à l'issue de la course.

Un point de classement a été attribué à l'auteur du meilleur tour en course, Loïc Duval.

Nick Heidfeld (bris de suspension) et José Maria Lopez (accident) ont été contraints à l'abandon.

Di Grassi a connu un bon départ, ce qui lui a permis de conserver sa 1re place.

Buemi s'est retrouvé coincé au coeur du peloton dans le premier virage et en conséquence il a dégringolé en 16e position.

Le Suisse a alors orchestré une lente remontée, qui était en quelque sorte le meilleur spectacle offert pendant la course, mais qui au final n'aura servi à rien.

Entre-temps, au 16e tour, lors du changement de bolides, le coéquipier de di Grassi, Daniel Abt, s'est retrouvé coincé derrière Buemi à la sortie des puits. Dans un incident rappelant celui entre Lewis Hamilton et Sebastian Vettel en Formule 1 survenu à Bakou il y a quelques semaines, Abt a accéléré brusquement et embouti violemment l'arrière de la voiture de Buemi.

« C'est sûr que Abt, son geste n'était pas correct, a dit Buemi, visiblement irrité. Il est allé au-delà du correct... C'est un pilote vraiment sale. Nous sommes supposés rouler à 50 km/h dans la ligne des puits, mais il a vraisemblablement oublié et m'est rentré dedans de plein fouet. »

Après avoir démontré son mécontentement à Abt, Buemi a utilisé son « Fanboost » au 24e tour afin d'être propulsé en 6e place.

L'abandon de Lopez au 24e tour a provoqué un drapeau jaune et éliminé du même coup la confortable avance de di Grassi devant Vergne et Sarrazin, mettant du même coup la table pour la fin de course.

Buemi a poursuivi son ascension en se hissant au 4e rang, devant Felix Rosenqvist. Le Suisse a bien tenté une dernière attaque et s'est même retrouvé à la hauteur de Sarrazin au cours du dernier tour, mais il n'a pu compléter la remontée et a abouti au pied du podium.

« J'essayais de préserver de l'énergie et je l'ai vu freiner très, très tard, a confié Sarrazin, à propos du dernier virage. Nous étions côte à côte, et il m'a bousculé un peu, mais c'était le dernier tour donc je devais défendre ma position, même si j'étais conscient qu'il [Buemi] lutte pour le titre. »

La course, d'une durée de 35 tours, s'est déroulée sous un soleil radieux, et le thermomètre a indiqué 24 degrés Celsius.

La saison de FE se terminera dimanche avec la présentation de deux séances d'essais libres, une de qualifications et la deuxième course (de 37 tours). À l'issue de cette épreuve, le champion de la troisième saison d'existence de la série sera couronné.

Le fonctionnement des points en FE

En FE, les points sont accordés de la même façon qu'en formule1 - les 10premiers de chaque course sont récompensés-, mais on en donne aussi à celui qui obtient la pole position et le meilleur temps sur un tour.

Le public est invité à voter pour les trois coureurs qui devraient recevoir un « FanBoost », c'est-à-dire un surplus d'énergie de 100 kJ pour les aider durant l'épreuve.

Au classement des écuries, Renault e.dams détient une avance confortable, mais pas insurmontable, puisque le portrait peut rapidement changer en deux courses.

Après la course du samedi, l'équipe française détient 265 points et devance ABT Schaeffler Audi Sport (232) et Mahindra Racing (183).

Renault e.dams a remporté le championnat des constructeurs en 2014-2015 et 2015-2016, les deux premières années d'existence de la formule E.

Du côté du classement des pilotes, la course de dimanche sera cruciale pour di Grassi (175) et Buemi (157) qui se battront pour la 1re place. Cependant, avec sa disqualification, un retour au sommet du classement pour Buemi semble ardu à ce stade-ci.

Di Grassi en tête sur la grille de départ

À l'issue des qualifications au ePrix de Montréal, di Grassi avait obtenu la position de tête en vue de la course. Buemi avait inscrit le deuxième temps, mais est parti 12e.

Chaque coureur doit avoir deux voitures fonctionnelles au départ de la course. Les mécaniciens de Renault e.dams ont donc dû réparer le véhicule de Buemi a endommagé plus tôt, car, s'il n'était pas prêt à 16 h, il aurait dû déclarer forfait, ce qui aurait été dramatique pour ses chances de gagner le championnat.

Son rival n'a rien prispour acquis. « J'ai réussi à améliorer mon temps entre la première partie de la qualification et la superpole, s'était réjoui di Grassi. Je suis content de moi, et on a bien préparé la voiture pour Montréal, mais ce n'est que la première partie de la première journée. Il reste la course d'aujourd'hui et demain. C'est un long week-end. »

En formule E, les qualifications sont très différentes d'en formule 1. Les concurrents sont d'abord séparés en quatre groupes de cinq. Ceux qui inscrivent les cinq meilleurs temps de ces rondes préliminaires passent en « superpole », une finale où chacun s'élance à tour de rôle et pour déterminer l'ordre des cinq premiers.

Di Grassi a complété son tour de qualification en 1 min 22 s 869/1000. Il a retranché 0,169 s au temps de Buemi.

L'autre prétendant - mathématique - au titre, le Suédois Felix Rosenqvist (Mahindra Racing), a connu des difficultés pendant la superpole. Il obtient le 4e rang sur la grille de départ. Stéphane Sarrazin (Techeetah) partira 2e et Nicolas Prost, le coéquipier de Buemi, 3e.

Les pilotes de l'écurie DSVirgin Racing, José Maria Lopez (16e) et Sam Bird (18e), ont connu des contre-performances à cause de problèmes techniques.

Buemi frappe le mur pendant les essais libres

Buemi n'a pas terminé la deuxième séance d'essais libres. Il a percuté le mur en sortant de la dernière chicane, sur René-Lévesque, au coin de Wolfe.

« J'ai touché le mur intérieur à la dernière chicane. J'avais beaucoup de vitesse, et ça m'a poussé dans le mur suivant », a-t-il expliqué après l'incident. Il s'en est sorti indemne et pourra participer à la course de samedi.

« Nous sommes tous soulagés qu'il soit O.K. », a dit di Grassi après l'événement.

Nicolas Prost, fils aîné de l'ex-champion du monde de F1 Alain Prost, a bouclé cette seconde séance d'essais avec le meilleur temps (1 min 22 s 180/1000).

Ayant pris le 16e rang avec un chrono de 1:23,893, il est le pilote avec le plus de chances de subtiliser le championnat à Buemi.

Di Grassi commence la journée en force

Di Grassi a réalisé le meilleur chrono de la première séance d'essais libres du Grand Prix de formule E de Montréal, samedi matin. Son temps de 1:22,451 est plus d'une seconde plus rapide que celui de Sam Bird, son plus proche poursuivant.

Buemi (1:23,750) a pu tester le moteur à la puissance maximale de 200 kW, comme di Grassi, mais il a été freiné par de la circulation sur la piste. C'est ce qui explique sa 4e position à cette séance.

Plus d'articles

Commentaires