La mairesse de Montréal, Valérie Plante, « examine toutes les options » au lendemain du dépôt d'un rapport du Bureau de l'inspecteur général (BIG) sur l'organisation de la course de Formule E.

« Nous sommes en discussion avec les avocats de la Ville de Montréal et j’ai bien l’intention d’écouter leur avis, contrairement à mon prédécesseur », a-t-elle dit en entrevue, mardi, à l’émission Gravel le matin. « On considère que le fait qu'un élu ait contourné les lois pour arriver à ses fins, c'est tout à fait injustifiable. »

L’inspecteur général reproche à l’administration de l’ex-maire Coderre de ne pas avoir respecté le cadre législatif au moment de l’octroi du contrat de promotion et d’organisation de l’événement. Il blâme aussi le cabinet de l’ex-maire pour n’avoir pas tenu compte des avis du Service des affaires juridiques de la Ville qui lui enjoignait de préserver l’indépendance de Montréal c’est électrique (MCE), l’organisme à but non lucratif créé pour l’événement

Un rapport qui n’aide pas, dit Plante

Après son élection, en novembre, l’administration de Valérie Plante a mis fin aux activités de formule électrique à Montréal et MCE s’est sabordé. Formula E Operations, promoteur du championnat à l'échelle mondiale, a ensuite envoyé une mise en demeure pour réclamer des sommes qui lui sont dues.« Ce rapport-là ne nous aide pas », a fait remarquer la mairesse Plante.

Lorsqu’Alain Gravel lui a demandé si elle comptait s’adresser à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ou demander une enquête policière, la mairesse a répondu qu’elle examinait « toutes les options ».

Elle a aussi évoqué la possibilité de revoir le mandat et les outils du BIG « pour qu’il puisse se saisir plus rapidement d’un dossier » lorsque c’est nécessaire.

Elle a finalement demandé aux élus de l’opposition de dénoncer fermement les gestes posés par l’ancienne administration dirigée par leur parti.

Québec renvoie la balle à la Ville

Le gouvernement du Québec n’a versé au final que 400 000 $ à l’événement de Formule E, via le Fonds d’initiative et de rayonnement de la métropole, alors que la Ville demandait une subvention de 12 millions, a indiqué le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, mardi, lors d’une mêlée de presse.

« L’argent a été versé à l’organisme [MCE] et c’est avec la Ville de Montréal qu’on a eu les discussions », a-t-il précisé, ajoutant qu’il était courant de subventionner un événement qui se tient pour la première fois.

La Ville a aussi reçu un crédit de transfert d’un million de dollars qu’elle a alloué à l’événement, mais qui lui aurait été versé de toute façon, a souligné M. Coiteux.

Le premier ministre Philippe Couillard, qui était à la même mêlée de presse, a renvoyé la balle à Montréal.

« Ce n'est pas nous qui avons géré le projet, alors s’il y a des critiques à l'intérieur du projet, c'est à Montréal que les questions doivent se poser », a-t-il tranché, ajoutant qu’il était « plutôt satisfait de la prudence de [son] collègue » qui n’avait versé qu’une fraction de la demande initiale de subvention.

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