Durant les FrancoFolies de Montréal, notre critique Philippe Rezzonico et nos journalistes arpentent le Quartier des spectacles afin de voir le plus de concerts possible. Voici un compte-rendu en images des concerts auxquels ils ont assisté.

JOUR 9 | CLAUDE DUBOIS

Tout le monde le sait. Claude Dubois a le cancer. Et l’ovation qui l’a accueilli vendredi au théâtre Maisonneuve allait de pair : « On t’aime. Lâche pas! », lui disait le public.

Mais rapidement, l’émerveillement a pris le dessus. Chanter comme Dubois a chanté, à 70 ans, c’était remarquable : versions interprétées au pied de la lettre (Le blues du businessman), retravaillées (Femmes ou filles en bossa nova) ou en pot-pourri (Hibou, En voyage, Comme un voyou). Timbre toujours présent, voix puissante, chanteur ému, foule en liesse et répertoire d’immortelles (Femme de société, Femme de rêve, Si Dieu existe, Plein de tendresse, Chasse-galerie, Comme un million de gens) à n’en plus finir. Écrivons-le : Claude Dubois est toujours vivant.

JOUR 8 | MHD ET FERSEN

Vedette du rap français qu'on a vue en plein air aux FrancoFolies 2016, le jeune MHD présentait son premier spectacle au Métropolis jeudi. Dans une salle – pas comble – qui contenait tous les jeunes immigrants français vivant à Montréal (on se croyait à Saint-Denis, en banlieue de Paris), MHD, ses collègues Baki, AP et leur DJ ont mis le feu. Avec son débit et sa fougue, MHD (Mohamed Sylla) a galvanisé la foule dans une ambiance survoltée, qui a atteint son paroxysme avec La puissance, qui a failli faire sauter le plafond. Explosif. Deuxième service vendredi soir.

Le spectacle-récital de Thomas Fersen, jeudi au théâtre Maisonneuve, était la version bonifiée de celui vu au Gesù en 2016 aux Francos. Même Fersen chic, habité et espiègle, au piano et au ukulélé, avec de nombreux récitatifs au menu, mais cette fois, accompagné d’un quatuor à cordes et d’un multiinstrumentiste. On valse des nouveaux titres du disque Un coup de queue de vache aux anciens succès (La chauve-souris, Zaza, Félix, Saint-Jean-du-doigt) et aux belles reprises (Testament, de Fred Fortin) dans un écrin de soie ravissant. Un régal.

JOUR 7 | LAPOINTE ET L'ACADIE

Le nouveau spectacle de Pierre Lapointe présenté mercredi soir à la Maison symphonique s'intitule Amours, délices et orgues. En toute justice, il aurait pu s'intituler Audace, délires et originalité.

De tous les spectacles imaginés par Lapointe depuis une quinzaine d’années, ce dernier s’avère – et de loin – le plus inclassable. Oui, oui… Loin devant Mutantès, qui n’était pourtant pas conformiste. Cette précédente production était un spectacle de chansons où la mise en scène (à saveur futuriste), l’aspect théâtral et la danse contemporaine représentaient des valeurs ajoutées. La suite

Le plus grand rassemblement d'artistes acadiens jamais présenté au Québec a eu lieu sur la grande scène extérieure des FrancoFolies de Montréal. Plusieurs milliers de spectateurs ont été témoins de l'effervescence musicale qui secoue depuis quelques années le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

La trentaine d’artistes acadiens à prendre part à cette soirée historique ont été impressionnants, émouvants, intenses, mais surtout festifs. Amélie Hall, Les Païens, Les Hôtesses d’Hilaire, Les Hay Babies, Lisa LeBlanc, Joseph Edgar, Radio Radio, Pierre Guitard et Vishtèn, pour ne nommer que ceux-là, ont une fois de plus prouvé que leur talent est maintenant bien reconnu à l’ouest de l’Acadie. La suite

JOUR 6 | DELERM ET VIANNEY

Quatorze ans sans voir Vincent Delerm à Montréal. C’est long. Mais l’attente en valait la peine. Des chansons qui n’ont pas pris une ride (Les filles de 1973), un joli piano, des mélodies interprétées à quatre mains (avec Rémy Galichet), des projections de vieux films pour Deauville sans Trintignant et Natation synchronisée, un vote à main levée pour les classiques (Fanny Ardant et moi, Le monologue shakespearien) un hommage à Leonard Cohen, un humour raffiné, un duo avec Vianney et quelques pas de danse en écoutant du Vigneault. Un retour triomphal de Vincent Delerm!

Sur une scène extérieure (lundi) et en première partie de Vincent Delerm (mardi) au théâtre Maisonneuve, Vianney nous a séduits, uniquement avec sa voix, ses textes et sa guitare, qui peut être une arme massive de séduction ou de destruction, selon le besoin (quel instrumentiste!). On a vécu ses déchirements (Je m’en vais, Je te déteste, Pas là) avec le même sourire en coin qu’il affiche en permanence. Et il vient même chanter Salut les amoureux avec Delerm à la fin de la soirée. Un spectacle en tête d’affiche pour Vianney en 2018? Je vote pour.

JOUR 4 | HOMMAGE À DESJARDINS

Lancer un album de reprises visant à rendre hommage à Richard Desjardins était déjà un pari risqué. Mettre sur pied un spectacle hommage à Richard Desjardins en plein air était probablement une entreprise encore plus hasardeuse. Et pourtant, cet hommage a été encore plus réussi sur scène que sur disque. Incroyable, quand même...

Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque), Safia Nolin, Bernard Adamus, Philippe B, Fred Fortin, Matiu, Les sœurs Boulay, Yann Perreau, Keith Kouna, Émile Bilodeau, le duo de Saratoga, Klô Pelgag et Philippe Brach y étaient, avec un groupe de musiciens du tonnerre (Guido Del Fabbro, Rick Haworth, Robbie Kuster, etc.) ainsi que Queen Ka, qui s’est chargée de lire les poèmes de Desjardins. La suite

JOUR 3 | PELGAG ET DORÉ

Gagnante du volet québécois du prix Félix-Leclerc, Klô Pelgag voyait grand, samedi, aux FrancoFolies, pour l’interprétation des chansons de son disque L’étoile thoracique avec un orchestre de 31 musiciens sous la direction du chef Nicolas Ellis. Jouant du piano et d’une guitare blanche qui tranchait avec son ensemble rouge feu, Klô Pelgag semblait vivre le concert autant que nous. Quand elle n’était pas assise, elle sautillait, dansait sur une jambe et se déplaçait de reculons comme une automate.

L’artiste vibrait à chaque montée des cordes (splendides durant Incendie), à l’ajout des couleurs des cuivres (Chorégraphie des âmes) et avec l’apport de son groupe habituel (Les animaux). Son cœur battait, comme celui logé dans la cage thoracique au-dessus de la scène. Néanmoins, le volume de son généré par l’orchestre a couvert sa voix à plusieurs reprises. On reprend ce concert à la Maison symphonique l’an prochain?

Il y a trois semaines, le Français Julien Doré a rempli le Zenith de Paris (6200 places) durant trois soirs. Samedi, il n’a pas fait salle comble au Métropolis, en dépit d’un programme double avec Peter Peter. Qu’à cela ne tienne, son concert a été livré dans une ambiance digne du Stade de France : chansons bien foutues, musiciens soudés, forte présence sur scène et foule bruyante.

Avec sa dégaine de rock star issue des années 1970, Julien Doré est l’héritier de Michael Hutchence (attitude sexy). Il saute et il chante, et on danse durant Coco câline et Chou wasabi. La foule lui répond durant Kiss Me Forever et, surtout, durant la magnifique et toute nouvelle Magnolia. Quand il nous matraque avec De mes sombres archives (finale rock) avant de conclure avec Paris-Seychelles, on se dit que la percée au Québec n’est peut-être pas loin.

JOUR 2 | DUP

Belle allure, cheveux naturellement ébouriffés, sourire engageant : Tim Dup, qui assurait la première partie de Katerine vendredi et qui était sur une scène extérieure des FrancoFolies samedi, respire le bonheur. Mauvaise perception. Sous cette apparence de jeune premier se cache un artiste qui carbure à la tristesse. En fait, pas à la tristesse, nuance Tim Dup, mais à la mélancolie. Une de ses chansons se nomme même Un peu de mélancolie heureuse. Pourtant, quand on écoute le périple en train de TER centre, l’histoire de Soleil noir – inspirée d’un soir « où j’étais bourré » - et Moira Gynt, où le personnage se jette dans la Seine pour une belle, on se dit que le jeune auteur-compositeur français (21 ans) est un torturé de première force. Toutefois, ses musiques sont tellement belles et accrocheuses, que nous sommes prêts à le suivre. Très loin, même.

JOUR 1 | KATERINE

Lui, il arrive avec sa couronne, sa fourrure, son costume médiéval et ses collants. Elle, c’est l’incarnation de Blanche-Neige au piano. Ensemble, Philippe Katerine et Dana Ciocarlie ont livré au théâtre Maisonneuve le concert le plus déroutant qui soit lors de la première soirée des FrancoFolies. Ambiance d’une autre ère, musique minimaliste, concept théâtral, conte, chansons loufoques (La reine d’Angleterre), d’humeur (Bien mal), d’amour (Des bisoux), de mort (Les objets), de pur délire (Louxor j’adore) et d’ambiguïté sexuelle (Doudou) se sont succédé.

Sous un vernis de classe et une ambiance de fête frôlant l’hystérie se cachent un sous-texte et un discours lourd de conséquences. Comment tu t’appelles? « Philippe… Pétain? Philippe… Couillard? » Non. Philippe Katerine. Il n’y en a qu’un seul comme lui.

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