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Frédérik Gauthier prend ses aises avec les Maple Leafs

Il a le physique de l'emploi, il a impressionné ses entraîneurs partout où il est passé et il a surtout un de ces surnoms comme seuls les joueurs de hockey savent en trouver. Mais Frédérik Gauthier n'a pas encore réussi à s'établir comme un joueur régulier dans la Ligue nationale, ce à quoi il entend remédier.

Un texte d'Alexandre Gascon

Dans l’entourage de l’équipe et dans les médias, on le surnomme The GOAT. Pas exactement comme dans Greatest of all time, plutôt comme dans Gauthier. Sa traduction francophone, la chèvre, est moins flatteuse.

Il possède même son propre mot-clic pour suivre ses prouesses sur Twitter, #goattracker.

Avouons qu’il s’agit là de beaucoup d’accomplissements hors glace pour un jeune homme de 21 ans qui revendique 2 buts et 2 passes en 27 matchs au cours de sa jeune carrière dans la Ligue nationale.

Gauthier est de retour avec le grand club depuis le 21 février après avoir disputé 18 matchs dans la LNH plus tôt cette saison. Et le colosse de 1 m 96 (6 pi 5 po) et 105 kg (231 livres) compte bien y rester.

« Depuis que j’ai été remonté je me sens bien, a affirmé Gauthier après l’entraînement des siens au Centre Air Canada samedi matin. L’entraîneur a confiance en moi. »

Convaincre la direction

Le joueur de centre, qui a autrefois hésité entre une carrière de footballeur ou de hockeyeur, tente de s’établir comme pivot de la quatrième ligne de cette jeune équipe.

Sa compétition la plus féroce lui vient de Ben Smith ou éventuellement du vétéran Brooks Laich, dont la carrière a drôlement périclité depuis son départ de Washington et qui végète présentement dans la Ligue américaine.

« Ça va de mieux en mieux. (Babcock) me confie des mises en jeu en désavantage numérique. C’est le fun », a poursuivi le Lavallois.

« Il sait ce qu’il fait, où il s’en va, a-t-il ajouté en parlant de son patron. Il sait comment motiver les gars. C’est agréable de jouer pour lui. »

N’empêche que Gauthier semble un projet à moyen ou long terme pour les Leafs. Dans les deux matchs qu’il a disputés depuis son rappel, The GOAT en a été tenu à moins de dix minutes de jeu chaque fois, et à 1 min 17 s à court d’un homme.

À Toronto, on voit en lui un futur centre défensif stable, même si ses qualités ne font pas l’unanimité dans la presse sportive. Lors de son dernier renvoi au début février, Mike Babcock avait résumé ainsi sa situation.

« Il a été très bon, mais nous sommes en train de le développer et de lui donner des opportunités, avait déclaré l’entraîneur avant un match à Saint Louis. Il aura l’occasion de rejoindre les Marlies, d’être important pour eux, de jouer plus et l’on croit que c’est important. »

Il a beaucoup d’habiletés. Il doit être plus rapide et plus convaincant. (…) il doit commencer à dominer en bas (avec les Marlies).

Mike Babcock décrivant Frédérik Gauthier

Ce qui n’est toujours pas arrivé comme en témoignent assez bien ses 6 points (1 but, 5 passes) en 26 matchs avec le club-école des Maple Leafs.

Malgré tout, Gauthier aura une autre chance de se faire justice samedi soir à l’occasion du deuxième match de sa carrière contre le Canadien de Montréal.

Un match important

Le classement se resserre dans la Division atlantique et les Maple Leafs n’ont plus à lever bien haut la tête pour apercevoir le Canadien au sommet.

Avec une victoire en temps réglementaire ce soir, Toronto s’approcherait à deux points du CH avec un match de plus à jouer.

« Avec les séries qui arrivent, la tension monte tout le temps. C’est une rivalité qui dure depuis toujours, les matchs sont intenses », a lancé Gauthier questionné sur son appréciation de la rivalité Montréal-Toronto.

« Finir premier (de la division)? Pourquoi pas! », a lâché sans détour le prodige Auston Matthews.

« C’est une possibilité. On est à quatre points seulement. Nous sommes en bonne position », a ajouté le premier choix universel du dernier repêchage de la Ligue nationale.

« Un nouvel entraîneur apporte des changements, un nouveau genre de structure, mais ce sera la même équipe. Une bonne équipe avec un bon gardien et beaucoup de profondeur. Ce sera un défi, il ne faudra pas leur donner de l’espace », a conclu Matthews.

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