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Fugues à Laval : l'opposition montre du doigt les compressions du gouvernement

Les fugues à répétition qui se produisent au Centre jeunesse de Laval montrent les effets délétères des compressions effectuées par le gouvernement Couillard, estime le porte-parole du Parti québécois en matière de protection de la jeunesse, Jean François Lisée.

Au cours des derniers jours, quatre adolescentes ont quitté le centre au grand dam de leurs familles, qui ont dit craindre, dans au moins trois cas, qu'elles soient tombées dans les griffes de proxénètes. Trois d'entre elles ont depuis été retrouvées, mais une autre, Sarah Hauptman, manque toujours à l'appel.

« La bourde [...] que ce gouvernement a faite, ça a été de couper de 20 millions de dollars le budget des centres jeunesse du Québec partout au Québec, ce qui a fragilisé leur capacité de s'occuper correctement de ces jeunes hommes, et de ces jeunes femmes en particulier », a déclaré M. Lisée dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

« Ils ont aussi coupé de 20 % le budget des organisations terrain qui s'occupent d'encadrer les gangs de rue, d'empêcher les jeunes d'y adhérer, et d'essayer de les en faire sortir », a-t-il dénoncé.

M. Lisée croit qu'il faut « donner les moyens, à la fois aux centres jeunesse, aux organisations terrain et aux policiers », d'agir pour prévenir ce genre de problème.

La gestion des portes en débat

Le député de Rosemont estime par ailleurs que la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse a tort de ne pas remettre en question la politique empêchant les centres jeunesse de verrouiller les portes de leurs institutions pour une bonne partie de leur clientèle.

« À l'époque, je pense que, de bonne foi, les parlementaires ont voulu arrêter ce qu'ils ont vu comme des excès dans les restrictions à la liberté des jeunes. [...] Mais là, je pense que le pendule est allé trop loin, et qu'il faut se reposer la question. »

David évoque aussi les compressions

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, lors d'une entrevue accordée à Midi info, a soutenu que les problèmes de fugues dépassent « largement le Centre jeunesse de Laval ».

« C'est encore une fois l'exploitation du corps des femmes. Il faut appeler un chat un chat. [...] C'est là-dessus que doit porter notre réflexion. Pas seulement sur ce qu'on fait à court terme au centre jeunesse », a-t-elle ajouté.

Mme David, qui est travailleuse sociale de formation, a cependant refusé de se prononcer sur l'opportunité de verrouiller les portes des centres jeunesse pour prévenir les fugues. « Je pense que les politiciens, dans le fond, ne doivent pas trop se mêler tout ça », a-t-elle laissé tomber.

Couillard promet que son gouvernement agira

Dans un point de presse donné en début d'avant-midi, Philippe Couillard a aussi refusé de s'engager dans cette voie.

Le premier ministre a néanmoins affirmé qu'il était « excessivement préoccupé » par la situation actuelle et que son gouvernement allait agir sur deux fronts.

« L'action ici, elle doit être à la fois ferme et à la fois préventive, a-t-il dit. C'est pour ça qu'à la fois le ministère de la Sécurité publique et les forces policières doivent jouer leur rôle, mais à la fois nos services sociaux, pour s'assurer d'agir en amont. S'il y a des choses à corriger à l'intérieur de ce centre jeunesse, il faut qu'elles soient corrigées rapidement et sans compromis. »

Plus tôt en matinée, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a annoncé qu'il allait rencontrer lundi le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet, pour discuter des efforts à déployer.

Il a toutefois tenu à rassurer les familles des jeunes fugueuses, en déclarant que les capacités policières étaient « importantes », que ce soit à Laval, à Montréal ou dans les villes placées sous la responsabilité de la Sûreté du Québec. Il a également assuré que les forces policières ne travaillaient pas en silo dans de tels dossiers.

Le ministre Coiteux a cependant contredit sa collègue Lucie Charlebois, qui a déclaré jeudi qu'un réseau s'était infiltré au Centre jeunesse de Laval.

« Ce qu'elle a voulu dire, ce n'est pas qu'il y a un réseau, c'est qu'il y a la possibilité que de l'extérieur, par le biais des médias sociaux, il y ait du recrutement qui se fasse », a précisé Martin Coiteux.

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