Cela fait presque un an que les travailleurs sont à l'oeuvre en vue d'ériger le futur pont Champlain. Le consortium Signature sur le Saint-Laurent (SSL) affirme maintenir son objectif de livrer la structure le 1er décembre 2018.

Un texte de Mathieu DionTwitterCourriel

L'hiver doux que connaît le Québec a favorisé les travaux sur le chantier de plus de 400 travailleurs. Pendant la saison, la productivité est réduite à 60 %. SSL dit avoir fait mieux.

« Le plus grand défi de ce projet est l'échéancier exigeant », souligne Daniel Genest, le directeur de la coordination.

Les médias ont officiellement été invités sur le chantier pour une deuxième fois depuis le début de la construction afin de faire une mise à jour. Depuis septembre, énormément d'activités ont eu lieu.

Les trois jetées sont maintenant en place : une à chaque extrémité et une autre au centre. C'est sur elles que seront déposés la majorité des piliers du pont et que seront assemblés certains ensembles de la structure.

Le pylône principal érigé bientôt

Un élément central à la structure est terminé sur la jetée centrale : les deux semelles de béton sur lesquelles se posera le pylône principal du pont pourront être coulées en avril. Les semelles font 45 mètres de long, 15 mètres de large et 4 mètres de haut. Elles sont les plus grosses. Ensuite, on y ajoutera les piliers qui atteindront la hauteur de l'actuel pont en juin.

Sur les autres jetées, on fabrique également d'autres semelles, plus petites, celles-là. Elles ont une superficie de 11 mètres sur 11 mètres. Au total, il y aura 74 semelles pour soutenir la structure.

La moitié d'entre elles seront installées sur les jetées, l'autre moitié seront immergées dans l'eau. Dans ce cas, des travaux d'excavation auront préalablement eu lieu dans l'eau afin d'aplanir le fond du fleuve pour bien ancrer les semelles.

Pour déplacer les semelles, un immense camion conçu exclusivement pour le pont a été construit : il s'agit de « Thor la fourmi », ainsi baptisée par de jeunes élèves de Verdun.

Conception hors chantier

Le constructeur cherche d'ailleurs à maximiser la préfabrication et l'assemblage des structures hors chantier afin de venir les installer rapidement par la suite.

Les pièces sont fabriquées à de nombreux endroits. Les pièces de béton sont réalisées au Québec, mais les pièces d'acier sont conçues dans la province, aux États-Unis et même en Espagne.

Ensuite, nombre de ces pièces lourdes arrivent par bateau au port de Montréal. Elles seront transportées sur des barges à contre-courant jusqu'au chantier.

Après l'échéancier serré, le second défi est de s'assurer que tous les fournisseurs soient au rendez-vous. « La coordination est extrêmement complexe », admet Daniel Genest.

Près d'un an après le début des travaux, la planification et les coûts sont respectés. Le futur pont Champlain, l'un des plus grands projets d'infrastructure en Amérique du Nord, dépasse les 4 milliards de dollars.

Durée de vie de 125 ans

En 2015, Radio-Canada révélait qu'un béton beaucoup plus performant que celui prévu sur la future structure était disponible sur le marché. Il s'agit d'un béton fibré ultra-performant.

Après étude, SSL maintient son choix numéro un d'opter pour un béton, dit de haute performance. « La qualité des matériaux et des travaux nous permettra de nous assurer que le pont aura une durée de vie d'au moins 125 ans », promet Daniel Genest.

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