Marc Bergevin y est allé d'une déclaration étonnante, lundi, lors du bilan de fin de saison du Canadien.

Un texte d'Alexandre Gascon

Est-il possible de remporter la Coupe Stanley sans un « vrai » joueur de centre numéro un, a-t-on demandé au directeur général du Canadien.

« Je pense que certaines équipes ont déjà gagné sans un centre numéro un. »

Encore faut-il s’entendre sur la définition de ce type de joueur, une rareté dans la Ligue nationale.

« Nous avons peut-être une opinion différente sur ce qu’est un joueur de centre numéro un. »

« Si tu parles d’un joueur de centre de 80 points. Los Angeles avait Jeff Carter et (Anze) Kopitar. Chicago a (Jonathan Toews). Toews est un centre numéro un, mais pas pour les points, par définition. Tu n’as pas besoin d’avoir 80 points pour être un centre numéro un, et tu peux avoir 80 points et ne pas en être un », a exposé Bergevin.

Entre les lignes, on peut y lire : un joueur qui amasse des points, idéalement beaucoup, mais ce n’est pas nécessaire qu’il en récolte une pléthore, qui est responsable défensivement, qui gagne des mises au jeu et qui, on peut le penser, se démarque par son leadership.

Tout le monde s’entend pour dire que ce joueur n’existe pas chez le Tricolore depuis, et on pourrait en débattre longtemps, Vincent Damphousse.

Mais on peut avancer qu’il se retrouvait dans chacune des équipes qui ont soulevé la coupe Stanley depuis le conflit de travail de 2004-2005.

Galchenyuk, cet ailier

On décrit souvent la ligne de centre comme l’épine dorsale d’une formation. Le CH a la colonne un peu molle depuis bien longtemps.

L’état-major du Canadien nous a bien fait comprendre qu’Alex Galchenyuk était dorénavant, et jusqu’à preuve du contraire, un ailier.

S’il était un centre, ses 44 points le placeraient au 59e rang des pivots les plus productifs cette saison dans la LNH. On le juge aussi à risque dans son territoire et il peine sur les mises au jeu.

Le plus prolifique cette année est donc Phillip Danault avec ses très respectables 40 points (13 buts, 27 passes) ce qui lui vaut le 69e rang. L’équivalent d’un bon centre de troisième trio.

« Phillip Danault a fait de gros pas de l’avant. C’est certain que ce n’est pas un centre numéro un, mais c’est un joueur très responsable, il est encore très jeune et il y a beaucoup de place pour s’améliorer », a expliqué Bergevin, qui s’est aussi dit déçu de la saison de Tomas Plekanec.

Avec Michael McCarron et Torrey Mitchell, voilà ce qui compose pour l’instant la colonne vertébrale du Bleu-Blanc-Rouge.

« Des centres dans les mineurs, prêts à jouer au moment où on se parle, nous n’en avons pas », a ajouté Bergevin.

Si le passé est garant de l'avenir

En 2006, les Hurricanes de la Caroline ont remporté le trophée avec Eric Staal comme premier centre. Il venait de boucler une saison de 100 points. Rod Brind’Amour en a amassé 70 et la Caroline avait aussi mis la main sur un ancien centre dominant, Doug Weight, pour son expérience.

L’année suivante, les Ducks d’Anaheim, victorieux en cinq matchs contre Ottawa, comptait sur l’émergence de Ryan Getzlaf et les 78 points du rapide Andy McDonald.

Passons rapidement sur les cas évidents des Red Wings (Pavel Datsyuk), des Penguins (Sidney Crosby, Evgeni Malkin), des Blackhawks (Toews) et des Kings (Kopitar, Carter) qui misaient sur des centres de premier plan comme l’a lui-même avoué Bergevin.

Il ne reste donc que les Bruins de Boston de Claude Julien en 2011. Les deux premières lignes étaient pilotées par Patrice Bergeron et David Krejci, les deux à l'apogée de leur carrière.

Difficile d’affirmer qu’une seule de ces éditions championnes ne comptait pas dans ses rangs un joueur de centre numéro un.

À l’inverse, Chris Osgood, Antti Niemi, Corey Crawford (deux fois) et Tim Thomas ont tous remporté la Coupe Stanley pendant cette période.

Il y a là, matière à réflexion.

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