NEW YORK - Sourire espiègle fendu jusqu'aux oreilles, bermudas de sport, gougounes; Brendan Gallagher s'est présenté détendu devant les membres de la presse montréalaise, samedi, dans un chic hôtel du centre-ville de Manhattan. Il n'y a pas à dire, le petit attaquant a retrouvé le style si particulier qui a toujours fait sa marque de commerce.

Un texte d'Alexandre Gascon

L’air de l’île de Manhattan réussit à la peste du Canadien. Ou est-ce celui, moins agréable on s’en doute, des gants que lui passait au visage le capitaine des Rangers, Ryan McDonagh, durant toute la soirée vendredi?

Toujours est-il que Gallagher a affiché dans le deuxième match de la série entre le Tricolore et les Blueshirts un enthousiasme qui lui a fait cruellement défaut cette saison. Un plaisir de jouer qui semblait évaporé.

« Je ne sais pas, je me sentais bien », a essayé d’expliquer le jeune homme natif d’Edmonton.

« C’est le temps de l’année où je pense que je peux contribuer. Mais on a beaucoup de gars qui ont joué un gros match. Webs (Shea Weber), Marky (Andrei Markov), toutes ces minutes qu’ils ont encaissées. Ils jouent contre les meilleures lignes », a tout de suite rappelé Gallagher.

Un coup d’œil à la feuille de statistiques de ce duel permet de constater que le no 11 a été un des attaquants les plus impliqués.

Il a obtenu neuf tirs au but, pour la plupart décochés dans un rayon de quatre pieds autour du filet d’Henrik Lundqvist, le plus haut total de son équipe.

Il a distribué trois mises en échec, a terminé le match avec un différentiel de +1 et a fait tout le travail derrière le filet sur le deuxième but du CH, celui de Paul Byron, pour décrocher son premier point des séries.

Bref, c’était le Gallagher du bon vieux temps.

Ott, un mentor?

« C’est tellement une petite peste », a lancé sans détour Steve Ott, qui pourrait rédiger une thèse en trois volumes sur le rôle précis de ce genre de joueur.

« Après le match, je parlais de lui avec mon père au téléphone. À quel point ce petit gars-là a du cœur au ventre, c’est tellement agréable de l’avoir avec nous », l’a complimenté le vétéran de 34 ans.

Quand on lui a demandé s’il pouvait servir de professeur à la teigne de 24 ans, Ott a joué la carte de l’humilité.

« Il est bien au-delà de ce que je ne pourrais jamais lui apprendre. C’est un bon joueur de hockey. Le reste de son jeu s’améliore encore », a-t-il spécifié.

Une saison de misère

Cette saison, on a vu Gallagher perdre son entrain si contagieux. Serrer les dents, rentrer au banc frustré, baisser la tête dans le vestiaire.

Il a connu, et de loin, la pire campagne de sa jeune carrière de cinq saisons dans la Ligue nationale.

Ses 29 points en 64 rencontres représentent seulement un de plus que lors de sa saison recrue où il en avait inscrit 28, mais en 44 matchs.

Depuis, on pensait avoir affaire à un marqueur de 20 buts établi dans la LNH, jusqu’à ce que cette deuxième blessure à la main gauche survienne en un an.

L’Albertain, qui a grandi en partie en Colombie-Britannique, parlait alors d’une nouvelle réalité avec laquelle il devait composer.

Claude Julien l’a ensuite réuni sur un trio en compagnie de Byron et de Tomas Plekanec et, tranquillement, le combatif ailier a retrouvé ses repères. Et ç’a culminé dans le match no 2 de la série.

Gallagher, tout comme son entraîneur, est allé au lit aux petites heures du matin après le gain dramatique du CH en prolongation.

Le guerrier prendra un repos bien mérité avant de repartir au combat dès 19 h dimanche soir, dans le troisième chapitre du duel.

Des changements possibles pour le match no 3

Les lacunes de Nikita Nesterov ont été soulignées à gros traits dans le second match au Centre Bell.

Claude Julien, sans le confirmer, n’a pas écarté la possibilité d’apporter des changements à sa formation.

Vendredi soir, il avait évoqué « des erreurs en défense que l’on ne devrait plus voir à ce stade de la saison ». Difficile de ne pas y voir un doigt pointé vers le Russe.

« On a les joueurs pour faire le changement si nécessaire. Demain la décision sera prise. Avec la profondeur qu’on a, ça se pourrait qu’on fasse des changements », a déclaré l’entraîneur-chef.

Toujours blessé au bas du corps, Alexei Emelin est demeuré à Montréal, mais a recommencé à patiner.

Plus d'articles

Commentaires