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Garderies privées en difficulté: un phénomène montréalais?

Les problèmes de faillite appréhendée et la mise en vente d'installations dans le milieu des garderies privées non subventionnées se retrouveraient principalement dans l'est de la ville de Montréal.

Un texte de Marie-France Bélanger

C'est ce que soutient le porte-parole de l'Association des garderies non subventionnées en installation, un organisme qui dit représenter 165 membres un peu partout au Québec.

David Haddaoui, vice-président de l'organisme, estime qu'il y a tout simplement trop de garderies dans cette partie de la métropole. « C'est l'anarchie » dans ce secteur, dit-il. À son avis, il faudrait un meilleur encadrement pour éviter ce genre de situation.

Il précise que ses membres ne sont ni au bord de la faillite ni engagés dans un processus de vente de leurs installations.

M. Haddaoui se dit étonné par les propos de ses homologues que nous rapportions hier, selon lesquels bon nombre de leurs membres étaient au bord du gouffre.

Khalid Daher, le président de l'Alliance québécoise des garderies privées non subventionnées, qui compte une centaine de membres, affirmait que c'était la première fois qu'on voyait autant de garderies en vente, dans le forum de discussion qu'il a mis sur pied.

De son côté, Marie-Claude Collin, présidente de la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec, soutenait qu'entre 10 et 15 % des 1050 garderies qu'elle représente étaient en train de faire faillite et pourraient fermer d'ici janvier.

Le nombre de places a quintuplé

Mme Collin, comme beaucoup d'autres, reproche au gouvernement d'avoir accordé trop de permis, sans tenir compte des besoins. Effectivement, les chiffres du gouvernement indiquent que le nombre de places dans les garderies privées non subventionnées a quintuplé au cours de la période allant de 2010 à 2016.

Le ministère de la Famille répond qu'il est du ressort des promoteurs de faire des études de marché avant de se lancer en affaires.

Les garderies non subventionnées, dont les tarifs quotidiens oscillent entre 35 $ et 60 $, comptent plus de 55 000 places, soit environ 20 % de toutes les places en service de garde du Québec.

Dans son ensemble, le réseau des services de garde compte plus de 285 000 places, dont 230 000 sont à contribution réduite (en CPE, en milieu familial et en garderie subventionnée). Leur nombre passera à 250 000 d'ici 2020-2021.

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