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Gare de Mirabel : le maire Bouchard demande au RTM de « procéder sans autre délai »

Le maire Jean Bouchard s'impatiente dans le dossier de la gare de Mirabel, qu'il souhaite voir construite en zone agricole. Fort d'une étude récemment mise à jour par le Réseau de transport métropolitain (RTM), il demande à l'Union des producteurs agricoles (UPA) d'abdiquer « pour le bien de la communauté ».

Un texte de Jérôme Labbé

Cette étude, réalisée en 2015, vient tout juste d'être actualisée. Le document, que Radio-Canada a pu consulter, est largement favorable au scénario défendu par l'administration du maire Bouchard : l'érection d'une nouvelle gare sur un terrain de 3,4 hectares au nord de la rue Victor, dans le secteur de Saint-Janvier.

La Municipalité s'en réjouit. Par voie de communiqué, elle souligne que le RTM – qui porte aussi le nom d'exo depuis deux mois – privilégie l'emplacement de la rue Victor « pour des raisons de sécurité, de coûts, de fluidité et de respect des délais dans l'aménagement des lieux ».

« Le rapport précise notamment que le site de la rue Victor permet une construction dès l'année 2019; qu'il minimise l'exposition des piétons, cyclistes et automobilistes au passage à niveau; qu'il minimise l'impact négatif (sonore et visuel) sur les riverains; qu'il profite d'un accès direct au réseau routier supérieur », lit-on dans le communiqué.

Le maire Bouchard demande donc à l'UPA de « ne plus s'opposer au projet d'implantation de la gare rue Victor, de respecter la recommandation et de travailler main dans la main avec les autorités municipales », ajoutant que « la Ville s'est toujours montrée sensible aux préoccupations du monde agricole » et que c'est maintenant au tour des agriculteurs de collaborer à ce dossier « hautement prioritaire pour toute la région ».

Le syndicat agricole ne l'entend toutefois pas ainsi.

Dans un communiqué transmis mercredi après-midi, la Fédération UPA Outaouais-Laurentides qualifie la nouvelle analyse du RTM de « bâclée » et note qu'« aucun fait nouveau n’est intervenu depuis que les producteurs se sont déplacés par dizaines à l’hôtel de ville de Mirabel, le 12 février dernier, pour répéter la position qu’ils maintiennent depuis 2005 dans ce dossier ».

La fédération, qui souhaiterait voir la gare construite plus au sud, sur un site en zone urbaine le long de la rue Charles, « ne peut que réitérer qu’elle est encore et toujours en désaccord avec le choix d’un site en zone agricole pour ce projet », écrit-elle, déplorant du même souffle que la promesse d'une rencontre « de la dernière chance » promise par le maire Bouchard en février dernier « n’a jamais été respectée ».

De son côté, le RTM semble avoir fait son nid.

« L’étude mentionne que le contexte est propice pour la construction d’une gare à Mirabel puisqu’elle pourrait faire partie des alternatives de déplacement mises à la disposition de la population du nord-ouest de la couronne nord et des usagers de la ligne de trains Deux-Montagnes, particulièrement dans le contexte des travaux de construction du REM qui vont leur compliquer la vie dans les prochaines années », écrit sa porte-parole, Caroline Julie Fortin.

« L’échéancier n’a pas encore été fixé pour le début de construction de la gare, rappelle-t-elle, mais nous devrions être en mesure d’annoncer l’appel d’offres pour la production des plans et devis bientôt. »

Le projet, qui est dans l'air depuis plus de 10 ans, vise à construire une nouvelle station sur la ligne de train de banlieue qui relie Montréal à Saint-Jérôme, un peu au nord de la gare de Blainville.

Après plusieurs reports, des investissements de 1,3 million de dollars ont été annoncés en décembre dernier par les gouvernements fédéral et provincial, ainsi que par l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), pour la construction de la future gare de Mirabel. Aux dernières nouvelles, la première pelletée de terre était prévue à la fin de 2018 ou au début de 2019.

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