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Gens d'affaires, industriels et écologistes interpellent Québec sur le transport durable

Le poids du secteur des transports dans le bilan environnemental du Québec est tel qu'il provoque d'improbables alliances entre des leaders du monde des affaires, de l'industrie et des écologistes.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ), l'Association du camionnage du Québec, Équiterre et la Fondation David Suzuki s'unissent ainsi pour réclamer du gouvernement des investissements massifs dans le transport collectif et les infrastructures pour stimuler l'économie, lutter contre les changements climatiques et réduire la congestion routière.

« Au Québec, le transport en commun génère près de trois fois plus d’emplois et de retombées que les investissements en transport automobile », avancent les signataires. « Même l’Ontario, qui ne dispose pas d’un tel avantage, prend actuellement ce virage vers le transport collectif. Le Québec doit emboîter le pas à son voisin ontarien; il en va de notre compétitivité et de notre prospérité. »

Dans la foulée des accords de Paris et du sommet de Marrakech, le front commun presse le gouvernement du Québec d’intervenir dans le milieu des transports qui était, en 2013, responsable de 43 % des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) de la province.

Qui plus est, les émissions de GES du secteur des transports ont augmenté de 31 % entre 1990 et 2013.

Le transport routier représente à lui seul 78,2 % des émissions de GES du secteur des transports québécois et 33,6 % des émissions totales de la province, soulignent-ils. Pendant ce temps, le nombre de voitures sur les routes du Québec augmente plus rapidement que sa population.

« Sans une intervention décisive et immédiate dans le secteur des transports, il sera impossible d’atteindre la cible de réduction des émissions de GES de 37,5 % d’ici 2030 », déplore Karel Mayrand, directeur général de la Fondation David Suzuki.

Le ministère des Transports du Québec doit impérativement et prioritairement se doter d’une cible et d’une stratégie de réduction des GES qui passe par une politique de mobilité durable et d’aménagement du territoire, pour le transport des personnes et des marchandises, et ce, dès 2017.

Karel Mayrand, directeur général de la Fondation David Suzuki

« Le secteur des transports est celui qui a connu la plus forte augmentation de ses GES depuis 1990 et menace maintenant l'atteinte des objectifs futurs du Québec en matière de lutte aux changements climatiques », ajoute le directeur principal d'Équiterre, Steven Guilbeault.

« De plus, ce secteur connaît de profondes transformations dont le développement ne peut se faire à la petite semaine. Nous avons besoin d'une vision et d'un plan qui permettra de bien orienter ce secteur », a-t-il plaidé.

Le front commun demande à Québec d’imiter Ottawa, qui a annoncé des investissements de plusieurs milliards de dollars dans des projets d’infrastructures vertes partout au pays.

« La situation actuelle de nos réseaux de transport est le reflet de lacunes accumulées dans la planification de nos besoins en mobilité des personnes et des marchandises », avance pour sa part le PDG du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

« Le contexte des réinvestissements attendus aux niveaux municipal, provincial et fédéral est une occasion de mieux faire, pour pas ne répéter l’histoire, en instaurant une culture de l’aménagement intégrée aux transports, pour améliorer durablement l’efficacité de nos réseaux », a-t-il affirmé.

Les milieux d’affaires et de l’industrie préviennent le gouvernement du Québec qu’il ne pourra pas « tout faire seul ».

Bien que responsable de 30,8 % des émissions de GES de la province – un bilan qui le place au deuxième rang du palmarès des émetteurs de GES - le secteur de l’industrie vante ses efforts pour améliorer son bilan.

L’industrie a effectivement réduit de 21 % ses émissions de GES entre 1990 et 2013.

Québec, qui avait réduit en 2013 de près de 9 % ses émissions de GES sous les niveaux de 1990, doit atteindre des cibles de réduction de 20 % en 2020 et de 37,5 % en 2030.

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