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Gestion de l'offre: des producteurs de lait de Laval craignent l'impact du lait américain

Yvon Forget a 88 ans. Il a été producteur laitier toute sa vie, sur la ferme dont il a hérité de son père et qu'il a ensuite léguée à ses fils. Il est inquiet à l'idée que le gouvernement du Canada laisse entrer davantage de lait américain au pays, ce qui pourrait compromettre l'avenir de l'entreprise familiale.

Un texte de Francis Labbé

Les négociateurs d'une douzaine de pays sont réunis à Atlanta, aux États-Unis, pour finaliser une entente appelée Partenariat transpacifique. Il s'agit d'un accord de libre-échange qui couvrirait 40 % de l'économie mondiale.

Des rumeurs ont émané de ces discussions, à l'effet que le Canada puisse accepter qu'environ 10 % des produits laitiers disponibles au Canada soient importés des États-Unis.  « Avec autant de lait américain chez nous, qui coûtera moins cher, il y aura une baisse des prix au détail et notre équilibre financier sera compromis », explique Louis Forget, jeune producteur laitier de Laval.

Enjeu électoral

En tournée électorale à Vaughn, en Ontario, le premier ministre sortant, Stephen Harper, a maintenu que ce système était la base de la continuité de l'économie dans ce secteur et du maintien des fermes familiales. Il n'a toutefois pas statué définitivement sur l'avenir de la gestion de l'offre.

Yvon Forget estime que le système actuel devrait être maintenu. « Avant, on avait des problèmes à gérer nos quantités de lait », se souvient celui qui a commencé à produire du lait en 1953.  « Une journée, ils prenaient notre lait. Le lendemain, ils n'en avaient pas besoin et on en obtenait presque rien », explique-t-il.

« Je trouve que c'est un excellent système », affirme-t-il, à propos du système de gestion de l'offre. On est sûr d'être payés et sûr du montant que nous allons recevoir. »

« Si le lait américain se retrouve en plus grande quantité dans notre marché, les prix vont baisser et nos revenus aussi. Ça risque de compromettre plusieurs entreprises agricoles », explique Olivier Forget.

Louis Forget, cousin d'Olivier et propriétaire d'une exploitation laitière voisine, est du même avis. « J'ai de grandes inquiétudes. Notre système de gestion de l'offre, ça représente des milliers d'emplois », affirme Louis Forget.

« Il y a de petites entreprises laitières comme les nôtres qui ne survivront pas à une baisse significative des prix du lait et nos entreprises font vivre beaucoup de gens dans les régions du Québec et du Canada », conclut-il.

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