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Grève dans les CPE de Montréal et de Laval : « Ça prendra le temps que ça prendra », dit le syndicat

Les négociations se poursuivent entre le Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal et de Laval (STCPEML-CSN) et l'Association patronale nationale des CPE (APNCPE) pour mettre fin à la grève entamée le 6 juin dernier dans 57 CPE de l'île de Montréal et de Laval. Mais « ça prendra le temps que ça prendra », dit Nathalie Fontaine, vice-présidente à la négociation du syndicat.

Un texte de Jérôme Labbé

Les deux parties se sont échangé pas moins de trois offres dites « finales » en quatre jours, cette semaine.

Invité à faire une proposition, le syndicat a obtempéré mardi – un texte aussitôt rejeté par l'employeur, qui a déposé sa propre « offre globale et finale » mercredi.

Celle-ci a été refusée par le comité de négociation syndicale, qui a présenté une contre-proposition vendredi. La balle se retrouve maintenant dans le camp de l'APNCPE.

Québec aux aguets

Les négociations se déroulent actuellement sous la supervision de la médiatrice-conciliatrice Lise Lavallée, nommée par Québec pour trouver un terrain d'entente.

Car pendant que les deux parties discutent, les parents doivent redoubler d'imagination afin de trouver une solution pour la garde de leurs enfants. Et le ministre de la Famille, lui, s'impatiente.

Plus tôt cette semaine, Luc Fortin a dit qu'il aimerait qu'on « accélère le pas » pour donner les services auxquels les enfants ont droit, tout en rappelant qu'il s'agissait d'une négociation privée.

Officiellement, tant la partie syndicale que patronale disent vouloir trouver un règlement le plus rapidement possible. Mais dans les faits, chaque partie tient à ses priorités, admet Mme Fontaine.

« Nous, on a fait des concessions sur quelques-unes des nôtres, mais eux, jusqu'à maintenant, n'ont pas fait de concessions majeures », explique-t-elle.

« Ça prendra le temps que ça prendra, poursuit-elle », rappelant que le syndicat a consulté ses membres mercredi et que celles-ci ont renouvelé leur confiance dans le comité de négociation.

Les 1500 éducatrices en grève demeurent mobilisées, assure le STCPEML. Vendredi matin, une centaine d'entre elles ont d'ailleurs manifesté bruyamment devant l'édifice du ministère du Travail, à Montréal, pour appuyer leur comité régional de négociation, qui était convoqué pour une nouvelle séance de conciliation.

Le fond du problème

Selon un communiqué de la CSN publié vendredi midi, « les points en litige portent notamment sur l’équivalent des avancées au national, sur le rôle décisionnel de l’équipe, les congés sans traitement, les horaires de travail, la liste de rappel et l’application de l’ancienneté, la transparence des états financiers et les droits acquis ».

Les travailleuses reprochent à l'employeur d'avoir quitté la table de négociation nationale à l'hiver 2016 et craignent de se retrouver avec des conditions de travail inférieures à celles de leurs collègues du reste du Québec.

L'APNCPE demande pour sa part au syndicat de suspendre la grève « afin de réduire la pression subie par les parents, victimes de ce conflit ». Dans un communiqué transmis jeudi soir, elle estime que « la grève ajoute une pression injustifiée sur l'ensemble des parties, principalement les parents, alors que les litiges ne nécessitent pas un tel moyen de pression ».

L'Association s'étonne aussi que « les régions de la Montérégie, de l'Estrie et de la Mauricie/Centre-du-Québec, tous membres de l'APNCPE, [aient] convenu d'une entente de principe récemment, [alors que] les demandes patronales étaient exactement les mêmes qu'à Montréal-Laval ».

Le Syndicat régional des travailleurs des CPE Coeur-du-Québec, qui représente 13 centres de la petite enfance de la Mauricie et du Centre-du-Québec, s'est effectivement entendu avec l'APNCPE mercredi afin d'éviter la grève.

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