Le député de Chomedey, Guy Ouellette, a été réintégré mardi au sein du caucus du Parti libéral du Québec (PLQ), tel qu'il l'avait demandé plus tôt cette semaine, avec l'appui de l'association libérale de sa circonscription. Aucune décision n'a cependant été prise quant à son poste de de président de la Commission des institutions, qu'il souhaite aussi récupérer.

Après en avoir fait la demande formelle mardi matin, M. Ouellette a obtenu une réponse favorable de la part de ses collègues réunis en caucus sur l'heure du midi.

La présidente du caucus libéral, Filomena Rotiroti, en a fait l'annonce à la sortie de la réunion des députés.

« Après avoir rencontré la présidente du caucus, et après avoir rencontré ma whip, nous sommes toujours en discussions [en ce qui concerne] la commission parlementaire sur les institutions », a déclaré Guy Ouellette lors d'un point de presse tenu en début d'après-midi.

« Je suis très heureux », a ajouté le député avant de conclure cette brève rencontre avec les médias.

Arrestation « injustifiée »

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, de nombreux députés libéraux étaient favorables au retour de M. Ouellette parmi eux.

Dans la lettre qu'il a fait parvenir lundi au premier ministre, Guy Ouellette vantait notamment son engagement dans la lutte contre la corruption et dénonçait une fois de plus son arrestation « injustifiée », le 25 octobre dernier, par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Selon nos informations, Guy Ouellette avait déjà fait une première approche informelle, la semaine dernière, et il se serait fait dire d'attendre quelques mois pour, entre autres, que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) décide s'il porte ou non des accusations contre lui.

Dans sa lettre, le député soulignait cependant qu'il y avait « toutes les raisons légitimes de croire qu'il n'y aura pas de développement dans ce dossier avant longtemps ».

Lors d’un impromptu de presse mardi matin, Guy Ouellette a soutenu que « pour être en mesure de mener à bien les projets que j’avais déjà débutés, pour continuer à protéger nos institutions, je pense que la meilleure place est de retrouver mes privilèges parlementaires et de retourner au gouvernement ».

Il est tout aussi impatient de retrouver sa place au sein de la Commission des institutions à l'Assemblée nationale, dont il a tenu à souligner le rôle central dans notre démocratie.

« Les commissions parlementaires sont à la recherche de la vérité et sont le dernier rempart des citoyens du Québec pour s’assurer qu’il y a une reddition de compte des organisations publiques », a-t-il insisté.

Une affaire nébuleuse en cours depuis près d'un mois

Guy Ouellette, un ancien policier qui a longtemps été en première ligne dans la lutte contre les motards criminels, a été arrêté le 25 octobre dernier par l’UPAC dans le cadre d'une enquête sur des fuites d'informations liées à l'enquête Mâchurer, qui porte sur le financement du Parti libéral du Québec. Il n'a cependant pas été accusé de quoi que ce soit jusqu'à nouvel ordre.

Le lendemain, l'aile parlementaire du PLQ a publié un communiqué dans lequel on pouvait lire : « La présidente du caucus de l'aile parlementaire libérale, Filomena Rotiroti, informe que le député Guy Ouellette lui a signifié qu'il se retire du caucus libéral jusqu'à ce que le directeur des poursuites criminelles et pénales se prononce sur les suites de son arrestation. »

Dans la foulée, M. Ouellette a perdu son titre de président de la Commission des institutions de l'Assemblée nationale, un poste qui revient à un député du parti au pouvoir. Cette commission planchait notamment sur le projet de loi 107, qui vise entre autres à accroître l'indépendance de l'UPAC.

Selon nos informations, M. Ouellette a été arrêté après avoir été piégé par un policier de l’UPAC participant à d'autres perquisitions effectuées dans le cadre de la même enquête sur les fuites médiatiques.

Ce policier aurait utilisé le téléphone saisi à autre policier visé par l'enquête, Richard Despatie, pour envoyer un message texte à Guy Ouellette. Ce texto indiquait que M. Despatie était sur le point de « déballer son sac » au quotidien La Presse et qu'il devait voir Guy Ouellette au préalable. Croyant que le message provenait de cet ancien collègue, M. Ouellette s'est rendu au lieu de la rencontre, où il a été arrêté.

Dans des entrevues accordées par la suite au 98,5 FM, puis dans une déclaration solennelle à l'Assemblée nationale, M. Ouellette s'est défendu d'avoir quoi que ce soit à se reprocher dans cette affaire. Il a soutenu avoir été victime d'un « coup monté » de l'UPAC, destiné à le museler.

Dans un discours prononcé la semaine dernière, le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a critiqué « la manière et le moment » choisis par l'UPAC pour arrêter M. Ouellette. Il a notamment déploré « un manque flagrant de considération » de l'UPAC à l'endroit de l'Assemblée nationale.

M. Chagnon a profité de l'occasion pour affirmer que parmi les communications de Guy Ouellette susceptibles d'avoir été interceptées par l'UPAC, toutes celles qui entrent dans « la sphère du travail du député » sont couvertes par le privilège parlementaire.

Il a souligné avoir demandé à l'UPAC, dans une lettre envoyée le 3 novembre, « de ne pas prendre connaissance des données contenues dans les appareils saisis du député de Chomedey, et ce, tant que nous n’aurons pas l’assurance que le protocole mis en place permet de veiller au respect des privilèges parlementaires ». Cette procédure ne peut que prolonger l'enquête qui vise le député de Chomedey.

Avec les informations de Sébastien Bovet

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