Un consultant en communication qui connaissait le couple Isabelle Gaston et Guy Turcotte a raconté comment l'accusé lui a confessé ses crimes au moment où il était détenu à l'Institut Pinel. Luc Tanguay a témoigné au procès de Guy Turcotte, accusé du meurtre prémédité de ses deux enfants, qui se poursuit au palais de justice de Saint-Jérôme.

Le consultant en communication Luc Tanguay a relaté une précédente rencontre avec le père des enfants le 17 février 2009. Il a décrit un homme certes triste, mais confiant en l'avenir et désireux de « refaire sa vie ». Guy Turcotte avait des projets, selon M. Tanguay, et il souhaitait notamment se racheter une propriété. « Il était dans une phase de reconstruction », a-t-il dit.

M. Tanguay a ensuite raconté que l'accusé lui avait téléphoné le 7 mars 2009, quelques jours après la mort de ses enfants. M. Turcotte souhaitait le rencontrer. M. Tanguay a accepté l'invitation et il s'est rendu le visiter. Ce dernier lui a raconté le déroulement des événements de la soirée fatidique du 20 février 2009.

M. Turcotte a raconté avoir soupé avec ses enfants avant de regarder des films à la télévision. Il a mis ses enfants au lit avant de faire des recherches sur le suicide sur Internet. Il a également consulté des courriels que son ancienne femme avait échangés avec son amant, Martin Huot.

Bouleversé, il a parlé à sa mère et bu du lave-vitre. Selon M. Tanguay, Guy Turcotte lui a dit avoir « pris conscience qu'il était pour mourir » et a « décidé d'emmener ses enfants avec lui ».

Guy Turcotte lui a dit qu'il s'était d'abord attaqué à son fils Olivier, qui criait « non papa, non papa ». Il s'est ensuite rendu dans la chambre de sa fille, Anne-Sophie, pour la poignarder à son tour. C'est à cet endroit qu'il a entendu « son fils mourir dans son sang ».

« Il a dit que ça prenait 10 minutes pour une personne pour mourir dans son sang. Sur un ton de médecin, objectif, froid, rationnel », a souligné Luc Tanguay. 

Un coup de poing pour l'amant de sa femme

L'amant d'Isabelle Gaston est également venu témoigner des jours qui ont précédé le drame. Martin Huot, qui a été l'entraîneur personnel de Mme Gaston, a entretenu une liaison avec celle-ci à partir de 2008.

M. Huot a relaté à la Cour que Guy Turcotte s'était présenté à la résidence d'Isabelle Gaston à 6 h 45 le matin du 10 février 2009 pour lui asséner un coup de poing au visage. « Tu m'a volé ma femme, mes enfants », lui aurait lancé Guy Turcotte. « Tu disais que tu étais mon ami! »

La couple Gaston-Turcotte avait précédemment fréquenté en amis le couple formé de Martin Huot et de Patricia Giroux. 

Mme Giroux a aussi témoigné. Elle a expliqué qu'elle avait mis la main sur des courriels que M. Huot et Mme Gaston s'échangeaient alors qu'ils étaient avec leur conjoint respectif. Elle est allée les montrer à Guy Turcotte à l'hôpital où il travaillait, le 15 février.

« Il était surpris. Je crois qu'il ne me croyait pas », a-t-elle relaté au jury de 11 personnes.

La Couronne, qui a fait entendre en tout 29 témoins, a terminé sa preuve. 

La défense présentera au jury lundi matin une déclaration d'ouverture dans laquelle elle fera valoir sa théorie de la cause, ainsi que les témoins qu'elle appellera à la barre. Le procès a été ainsi suspendu jeudi après-midi jusqu'à cette étape.

Hier, la mère de l'accusé, Marguerite Fournier, est venue raconter la longue conversation téléphonique qu'elle a eue avec son fils le jour précédant la découverte des deux petites victimes.  

Guy Turcotte est accusé d'avoir tué ses deux enfants, Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, le 20 février 2009. Il a plaidé non coupable aux deux accusations de meurtre avec préméditation, mais il a admis les avoir tués.

Lors du premier procès tenu en 2011, un jury avait déclaré l'ex-cardiologue non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.

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