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Guy Turcotte voulait se venger d'Isabelle Gaston, selon un témoin

Guy Turcotte aurait tué son garçon de 5 ans et sa fille de 3 ans pour les empêcher de souffrir et pour se venger de leur mère avec qui il venait de se séparer. C'est ce qui ressort du témoignage de l'infirmière Chantal Duhamel, qui était invitée à livrer sa version du drame, mardi, au procès de l'homme accusé du meurtre prémédité de ses deux enfants.

Avec les informations de Karine Bastien

Mme Duhamel était en poste à l'hôpital de Saint-Jérôme lorsque Guy Turcotte est arrivé à l'urgence le 21 février 2009. Il était très agité et parlait constamment. Il l'a reconnue - puisqu'il travaillait au même endroit comme cardiologue - et l'a appelée par son prénom. Il lui a dit : « J'ai tué mes enfants. Je ne voulais pas les voir souffrir de la séparation », a-t-elle relaté.

Guy Turcotte aurait aussi dit à l'infirmière Duhamel qu'il avait posé ce geste pour emmerder la mère de ses enfants, Isabelle Gaston. « J'aimerais que tu fasses le message à Isabelle que j'ai fait ça pour la faire chier », lui aurait-il dit.

Guy Turcotte refusait d'être soigné

Il a aussi dit que ce qu'il a fait était terrible et a demandé au personnel médical de le laisser mourir, a témoigné plus tôt dans la journée l'urgentologue Marie-Pierre Chartrand, qui l'a traité en compagnie de l'infirmière Duhamel.

L'urgentologue Chartrand connaissait Guy Turcotte et a eu un choc quand elle l'a vu à l'hôpital. « J'ai eu un petit moment de déni », a-t-elle dit.

Selon elle, il était conscient, éveillé et comprenait ce qui se passait à son arrivée à l'hôpital. Elle avait l'impression qu'il était légèrement intoxiqué, mais ne tenait pas de propos délirants et ne semblait pas avoir d'hallucinations.

« Il y a une détresse psychologique évidente. Il pleure beaucoup, il parle beaucoup », a constaté Mme Chartrand.

Malgré ses protestations, la décision a été prise de le traiter, notamment puisqu'elle jugeait qu'il était suicidaire. Par la suite, l'accusé a été transféré dans un autre hôpital.

En contre-interrogatoire, Mme Chartrand a précisé que des analyses sanguines ont finalement révélé que Guy Turcotte avait consommé un « alcool toxique » - du méthanol, apprendra-t-elle plus tard -, mais qu'il ne présentait aucune trace de Tylenol, comme il l'avait mentionné plus tôt.

Lorsqu'elle lui a demandé des explications à ce sujet, en lui soulignant qu'il avait menti, Guy Turcotte a voulu marchander, dit-elle : « donne-moi les résultats de mes tests, et je vais te dire ce que j'ai pris », a-t-il répondu. L'urgentologue dit s'être sentie manipulée.

Selon Mme Chartrand, Guy Turcotte présentait un pH déséquilibré et devait être traité rapidement. Il n'allait pas mourir, affirme-t-elle, mais il courait le risque de devenir aveugle si rien n'était fait.

L'urgentologue a aussi précisé qu'il avait été transféré à l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal parce que son cas était trop lourd pour le personnel de l'hôpital sur un plan émotif, mais aussi éthique.

Analyse de l'ordinateur

Un policier-enquêteur, Michel Dufour, a pour sa part terminé son témoignage, mardi, au sujet de son analyse du contenu de l'ordinateur portable de Guy Turcotte et des données qu'il y a récupérées.

Il a expliqué que le 20 février 2009, soit le jour du drame, l'accusé a consulté plusieurs pages sur Internet au sujet d'éthanol et de méthodes de suicide.

La description de l'une d'elles à 19 h 02, comme il a été décrit dans le relevé des recherches compilées par l'ordinateur lui-même, était éloquente : « suicide - sans souffrance - comment se suicider - se donner la mort sans douleur - rapidement ».

Son témoignage a toutefois été suspendu jusqu'à mardi prochain, en raison du dépôt d'un volumineux document de quelque 500 pages sur la consultation d'un forum de discussion sur le suicide par Guy Turcotte le 15 février 2009. La défense a demandé d'avoir le temps de consulter le document.

Le procès se poursuivra mercredi avec un nouveau témoin.

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