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Hausse de 5,9 % de la valeur foncière à Montréal

La valeur foncière des résidences, des commerces et des bâtiments industriels et institutionnels de l'agglomération de Montréal a augmenté de 5,9 % par rapport au précédent rôle d'évaluation, présenté il y a trois ans.

Le nouveau rôle d'évaluation foncière pour les années 2017-2018-2019 présenté mercredi confirme ainsi que la croissance de la valeur foncière se poursuit, mais à un rythme beaucoup plus faible que lors des dernières années.

De l'aveu même de la Ville, il s'agit de « la plus faible hausse de valeurs liées à la progression du marché observée depuis le début des années 2000 ».

Au total, la valeur des 500 000 unités d'évaluation prises en compte atteint 326,8 milliards de dollars, soit 30,2 milliards de plus que lors du rôle 2014-2015-2016. Cela s'explique à la fois par l'ajout de nouveaux bâtiments et par les améliorations apportées à ceux déjà existants.

La catégorie des immeubles de 6 logements ou plus est celle qui connaît la plus forte croissance, avec une hausse de 13,2 % par rapport au précédent rôle. La valeur des condos est celle qui a crû le plus faiblement, avec 2,2 %.

C'est dans les arrondissements de Rosemont-La Petite-Patrie et de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension que les valeurs foncières ont le plus augmenté, avec des hausses de 9,3 % et 8,3 % respectivement.

Les arrondissements d'Anjou et de Saint-Léonard sont à l'inverse ceux où ces valeurs ont augmenté le plus faiblement, avec des progressions de 3,7 % et 3 %.

La hausse de taxe sera étalée dans le temps, promet Desrochers

Dans un communiqué, le président du comité exécutif et responsable des finances et de l'évaluation foncière, Pierre Desrochers, a fait savoir que l'administration Coderre va proposer au conseil municipal d'étaler la variation des valeurs foncières sur la durée du rôle, soit en 2017-2018-2019.

M. Desrochers se félicite des « éléments très positifs » dans ce nouveau rôle. Le parc immobilier croit à un rythme soutenu, et 25 000 nouvelles unités d'évaluation se sont ajoutées aux rôles, observe-t-il entre autres.

Selon lui, la stabilisation relative des valeurs immobilières, à laquelle contribue un rééquilibrage de l'offre et de la demande, permet de maintenir l'accessibilité à la propriété sur l'île et d'éviter des flambées des prix de logements comme en connaissent Vancouver et Toronto.

La volonté de l'administration d'étaler la hausse anticipée de l'impôt foncier n'a pas trouvé grâce aux yeux du porte-parole de Projet Montréal en matière de finances, Guillaume Lavoie. « Savoir que vous allez vous faire couper une jambe sur trois ans, ça ne fera pas moins de mal », a-t-il ironisé.

L'opposition officielle dénonce plus généralement que la Ville ne fait rien pour venir en aide aux commerçants des quartiers centraux, dont les coûts d'opération sont plus élevés qu'ailleurs, et que les propriétaires de ces mêmes quartiers devront payer plus cher que les autres pour des services qui coûtent pourtant moins cher à la Ville.

« Le maire Coderre parle toujours de la centralisation, que tout le monde est pareil. Mais tout le monde est pareil... sauf quand vient le temps de faire le chèque! » a commenté M. Lavoie. « Parce que si vous habitez dans les quartiers centraux, votre chèque va être pas mal plus gros cette année que dans le passé. »

Selon M. Lavoie, cette situation revient à « subventionner l'étalement urbain », comme c'est le cas dans Pierrefonds-Ouest, selon lui. « C'est un problème énorme. »

Pour les commerçants, Projet Montréal souhaiterait notamment que l'administration municipale adopte un impôt basé non seulement sur la valeur foncière, mais aussi en partie sur la valeur locative. Il propose aussi l'adoption d'un règlement « Robin des bois », qui permet de déplacer une partie du fardeau fiscal des petits commerçants vers les plus importants, comme le fait la Ville de Québec.

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