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Hausse marquée du nombre de crimes haineux signalés au SPVM

Pas moins de 125 signalements ont été traités par les enquêteurs du Module incidents et crimes haineux de la police de Montréal depuis le début de 2017. Il n'aura donc fallu que six mois pour s'approcher du nombre total de crimes de ce type signalés dans toute l'année 2016, soit 137.

Un texte de Pascal Robidas

Les communautés culturelles de Montréal réclamaient depuis longtemps que l'on traite les crimes et incidents haineux autrement à la police de Montréal. Quand le Module incidents et crimes haineux a été lancé, en mai 2016, le SPVM répondait non seulement à leur demande, mais se conformait au projet de loi 59 édictant la prévention et la lutte contre les discours haineux.

Un an plus tard, force est d'admettre que les chiffres sont éloquents : des 125 signalements, les enquêteurs ont traité 101 dossiers comme des crimes haineux. La moitié concernaient des crimes visant une religion.

L'architecte de ce module est le commandant à la retraite Khanh Du Dinh. Il a quitté le SPVM après en avoir établi la structure. Un an plus tard, il considère que ce dernier projet au sein de la police constitue son legs à la population.

« Au départ, l'un des objectifs était de sensibiliser davantage les policiers à la définition d'un crime haineux comme un acte qui affecte le sentiment de sécurité d'une personne ou d'un groupe », explique Khanh Du Dinh.

Le SPVM s'est donc restructuré. Toutes les enquêtes qui étaient auparavant réparties dans les quatre centres opérationnels ont été regroupées dans un seul et même module.

L'équipe mise sur pied a reçu de la formation pour mieux analyser la nature des plaintes et aller au-delà des faits. Régulièrement, il y a des rencontres avec les enquêteurs sur l'île de Montréal. Des outils ont également été mis à la disposition des patrouilleurs sur le terrain, qui sont souvent les premiers à recueillir les plaintes.

« Auparavant, une plainte pour des propos racistes était plus difficile à inscrire dans une déposition parce qu'il ne s'agissait pas forcément d'un crime, affirme la lieutenante-détective au Module incidents et crime haineux du SPVM, Line Lemay. La création du module s'est faite avec la création d'un rapport de police avec un code spécifique. Nos patrouilleurs n'hésitent plus à s'en servir. »

Le SPVM rattrape un retard d'une dizaine d'années sur les corps policiers du Royaume-Uni, où les données sont compilées depuis 2004-2005. Dès 2004, les plaintes en lien avec l'orientation sexuelle et les handicaps ont été ajoutées dans les banques de données des autorités policières.

Un meilleur service à la clientèle

La police de Montréal est convaincue que son nouveau module va améliorer ses relations avec les différentes communautés.

Des données démontrent également que les gens qui souffrent de maladie mentale peuvent se radicaliser plus rapidement. C'est la raison pour laquelle les signalements contre certains individus sont rapidement analysés.

« Comme on a vu au Québec et ailleurs au Canada, souvent, ce sont des personnes isolées et solitaires qui vont agir, explique Michael Arruda, le responsable du dossier en santé mentale et prévention au Module incidents et crimes haineux. On sait qu'une bonne partie de ces gens-là, qui vont se radicaliser, souffrent de problèmes de santé mentale. »

Le SPVM espère donc renforcer son lien de confiance avec ses communautés.

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