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Hockey Québec veut fusionner les deux circuits concurrents de hockey scolaire

Une nouvelle équipe scolaire a vu le jour à Blainville. Elle s'est jointe à la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS) du Québec, un circuit non affilié à Hockey Québec et à son Réseau du sport étudiant. Mais la Fédération provinciale lance une nouvelle tentative de séduction pour unifier les deux circuits concurrents.

Un texte de Francis Labbé

L'École secondaire Lucille-Teasdale, une école publique de Blainville, a joint les rangs de la LHPS cette année, après 10 ans de concentration hockey.

« J'ai un élève qui a déjà été dans un groupe d'adaptation scolaire et qui a fini son bac à l'université, en journalisme », explique Nicolas Dutil, coordonnateur du programme hockey à l'École secondaire Lucille-Teasdale.

« C'est le hockey qui l'a tenu à l'école. Sans ça, il aurait sans doute décroché », ajoute M. Dutil. « Le hockey donne à ces jeunes joueurs une raison de se lever le matin pour venir à l'école. Nos élèves nous ont demandé depuis longtemps de créer une équipe scolaire et nous avons joint la Ligue de hockey préparatoire scolaire. La ligue met l'accent sur le développement de l'élève et de l'individu. Nous aimions cette philosophie. »

La Ligue de hockey préparatoire scolaire a été fondée en 2011. Elle en est à sa 6e saison et compte 94 équipes. Les plus jeunes ont moins de 12 ans et les plus vieux, 17 ans. On y retrouve plus d'un millier de joueurs. En comparaison, le Réseau scolaire québécois (RSEQ), circuit affilié à Hockey Québec, compte près de 6000 élèves athlètes.

Le « Far-west »

« Quand Hockey Québec a créé le Réseau de hockey scolaire, c'était pour concurrencer la LHPS et non parce qu'on croyait aux vertus du hockey scolaire », affirme pour sa part Martin Leclerc, chroniqueur sportif spécialisé notamment en hockey mineur.

Selon lui, Hockey Québec a longtemps favorisé la structure civile, sans tenir compte de l'émergence de la demande pour du hockey scolaire. 

« Le hockey civil, tel que nous le connaissons depuis des années, est dirigé par des bénévoles qui n'ont pas toujours les capacités de bien encadrer les joueurs, ajoute Martin Leclerc. Le hockey traditionnel prend aussi beaucoup de temps dans la vie des parents. Résultat, les structures s'éparpillent et tout ça manque de leadership. »

Dilution du talent

« Les meilleurs joueurs ne jouent plus autant contre les meilleurs joueurs », dénonce pour sa part M. Normand Bleau, vice-président hockey pour l'organisation des Seigneurs des Mille-Îles, une structure élite des Basses-Laurentides, au Nord de Montréal.

L'organisation fait partie de la Ligue d'excellence du Québec, qui regroupe les équipes de calibre AAA. Les joueurs qu'on y retrouve sont inscrits dans des programmes sport-études.

« Je crois que les parents apprécient cette nouvelle option. Les fins de semaine sont libres, les matchs se déroulent pendant la semaine dans les ligues scolaires. Mais je crains pour le développement des joueurs d'élite, dit M. Bleau. Les meilleurs doivent jouer avec les meilleurs. Dans les circuits scolaires, il n'y a que trois ou quatre joueurs d'élite par équipe et on les entoure de joueurs qui ont plus de difficultés. »

Ramener la LHPS

« Il va toujours y avoir du hockey civil, mais on voit bien la progression du hockey scolaire. Les ligues augmentent », reconnaît Paul Ménard, le nouveau directeur général de Hockey Québec.

« Nous avons déjà tenu une première rencontre avec la LHPS. Une deuxième rencontre aura lieu dans les prochaines semaines poursuit-il. Nous voulons connaître les éléments qui ont mené à leur éloignement de notre fédération. »

« Nous aimerions que la LHPS rejoigne notre partenaire dans le volet scolaire, le Réseau du sport étudiant du Québec. Ce serait dans l'intérêt de tout le monde que nous puissions travailler tous ensemble. C'est un voeu » ajoute Paul Ménard.

Du côté de la LHPS, on ne ferme pas la porte à un rapprochement.

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