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Hospitalisée, la Guatémaltèque Lucy Granados voit son expulsion repoussée

Hospitalisée alors qu'elle allait être expulsée du Canada vers le Guatemala, Lucy Francineth Granados évite pour le moment son renvoi vers son pays d'origine, mais restera en détention.

Mme Granados, une mère de famille monoparentale sans papiers, a été arrêtée la semaine dernière par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Elle devait être expulsée ce matin, mais elle s’est évanouie hier soir lors de son transfert du centre de détention de Laval aux bureaux de l’ASFC.

La mère de trois enfants a été transportée à l’hôpital, où elle a passé la nuit. C'est en raison de cette hospitalisation qu'elle a évité l’expulsion.

Mme Granados devait quitter l’hôpital aujourd'hui pour retourner en détention. Pour le moment, aucune nouvelle date d’expulsion n’a été annoncée.

Pendant ce temps, son avocate attend toujours une réponse de l’ASFC pour une demande de sursis qu’elle a déposée vendredi dernier. Une audience de révision de détention est d'ailleurs prévue demain matin pour déterminer si sa cliente pourra attendre en liberté la date de son expulsion.

L'audience se tiendra devant la Commission de l'immigration et du Statut des réfugiés au complexe Guy-Favreau, devant lequel des militants de l'organisme Solidarité sans frontières prévoient manifester en guise de soutien à Mme Granados.

Trahie par ses démarches légales

Mme Granados a tenté à l’automne 2017 de faire une demande de résidence permanente d’ordre humanitaire, une « mesure d’exception », selon l'avocat en droit de l'immigration Stéphane Handfield, qui précise que ce genre de démarche ne permet pas de suspendre un avis d'expulsion.

« Les gens croient à tort qu'une demande pour des considérations humanitaires arrête le processus d'expulsion; c'est faux », a expliqué Me Handfield mardi, en entrevue à Isabelle Richer, sur ICI RDI. « Si le dossier a commencé à être étudié par les agents avant que la personne quitte le Canada, eh bien le dossier va continuer à être étudié, même si la personne a été expulsée. »

La seule façon de suspendre l'avis d'expulsion serait l'intervention d'un juge de la Cour fédérale, un accord de sursis provenant d'un agent frontalier ou encore l'intervention du ministre de l'Immigration lui-même, Ahmed D. Hussen, ajoute Me Handfield.

Selon des proches, c’est en raison de la demande de résidence permanente que l’ASFC se serait intéressée au cas de Lucy Francineth Granados. Cette demande suit d'ailleurs son cours, malgré son expulsion imminente de la Guatémaltèque.

Lucy Francineth Granados a dû quitter son pays d'origine après avoir été menacée par les maras, un gang criminel. Son mari étant décédé, elle a voyagé seule à travers le Mexique pour arriver aux États-Unis, puis au Canada. En 2009, le Canada lui a refusé une demande d’asile.

Elle habite à Montréal depuis neuf ans.

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