Guillaume Boivin (28e) et Hugo Houle (58e) ont bien tiré leur épingle du jeu au Grand Prix Cycliste de Québec vendredi. Les deux seuls Québécois d'un peloton de 168 coureurs s'attendent à une rude épreuve sur un parcours détrempé, à Montréal, dimanche. 

Un texte de Jean-François Poirier

« C'est déjà très éprouvant sur le sec, affirme Boivin qui redoute la descente de la Polytechnique et son virage à 90 degrés au coin de la rue la Édouard-Montpetit. La pluie aura un impact majeur. »

La journée pluvieuse annoncée dimanche aura un effet de nouveauté puisque les coureurs ont toujours profité de conditions clémentes lors des cinq éditions précédentes de l'événement dans la métropole.

« Il faudra un pilotage plus fin, assure Houle. Il y aura de l'huile sur la chaussée et ce sera extrêmement glissant s'il pleut pendant toute la course. Moi, j'aime bien la pluie, contrairement aux organisateurs. La compétition perd un peu de beauté à cause de la pluie. »

L'avenir

Ces deux cyclistes québécois vivent des réalités différentes en 2015. Houle, 24 ans, a déjà en poche un contrat pour les deux prochaines saisons avec l'équipe AG2R La Mondiale tandis que Boivin souhaite trouver preneur dans les prochains mois. L'athlète de 25 ans s'aligne pour l'équipe canadienne ce week-end après avoir passé la saison avec la formation américaine de troisième division Optum Kelly Benefit.

« On ne s'énerve pas avec une 28e place, mais c'est un résultat satisfaisant sans être merveilleux, précise Boivin qui a couru quatre saisons sur le circuit WorldTour (deux avec SpiderTech et deux avec Cannondale) avant d'être contraint de ne participer qu'à des courses de calibre inférieur en 2015. Je ne suis pas nostalgique en fin de semaine. Je profite du moment et je verrai ensuite si j'aurai un contrat avec une équipe. »

Hugo Houle, lui, ne se torture pas l'esprit.

« Je sais où je m'en vais, dit-il avec un air confiant. Mon équipe prend bien soin de moi et j'ai trouvé mes repères. C'était inévitable. Je devais signer un contrat pour être capable de poursuivre ma progression. Je me rapproche de mon objectif de monter sur le podium à Québec ou Montréal. Au 58e rang, j'ai terminé à ma place vendredi. J'ai encore des croûtes à manger. »

Houle a d'ailleurs appris une bonne nouvelle à son arrivée au Québec. Il fera partie de l'équipe canadienne aux Championnats du monde qui auront lieu, à Richmond, en Virginie dans deux semaines.

« Le Canada aura pour une première fois une équipe de six coureurs aux mondiaux, souligne Houle. Ça démontre que le cyclisme sur route fait des progrès chez nous et que les jeunes peuvent croire à la réalisation de leur rêve grâce notamment à la tenue d'épreuves comme celles de Québec et Montréal. »

Houle a révélé qu'il participera au contre-la-montre par équipe avec AG2R La Mondiale, puis ralliera l'équipe canadienne pour le contre-la-montre individuelle ainsi que l'épreuve sur route. Plus discret à ce sujet, Guillaume Boivin a laissé entendre qu'il participerait à ce grand rendez-vous.

« J'ai de bonnes chances d'être aux mondiaux, a indiqué Boivin. Je n'ai pas fait de course de 260 km cette année, mais j'ai gagné un peu confiance grâce à ma 28e place à Québec vendredi. Je suis un coureur plus fort et plus confiant qu'il y a deux ans. J'ai travaillé là-dessus cette année. »

Le Grand Prix de Montréal est d'une distance de 205,7 km (17 tours). L'Australien Simon Gerrans, qui n'est pas présent cette année, a gagné les courses de Québec et de Montréal en 2014. Le Colombien Rigoberto Uran a été le premier à franchir la ligne d'arrivée, vendredi, dans la Vieille Capitale.

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