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Hydro-Québec se prépare en vue de la crue printanière

Au printemps dernier, des sinistrés des inondations ont accusé Hydro-Québec de mal gérer ses barrages et d'aggraver la situation. La société d'État s'en est défendue. Elle tente cette année de prévenir les coups.

Hydro-Québec a décidé de rencontrer les médias ainsi que les responsables des mesures d'urgence de certaines municipalités pour expliquer comment elle peut diminuer l'impact des crues printanières sur les résidents.

L'an passé, cette rencontre avait eu lieu en plein milieu des inondations. Cette fois-ci, Hydro-Québec tente d'être proactive en montrant aux citoyens que toutes les mesures sont prises afin d'éviter le pire.

Chaque année, à la veille du printemps, Hydro-Québec abaisse le niveau des réservoirs de ses barrages.

C'est le cas du réservoir Baskatong, formé par le barrage Mercier, au nord de Mont-Laurier, qui permet de contenir une grande partie de l'eau qui se jette dans la rivière Gatineau, puis dans la rivière des Outaouais, et finalement dans le bassin de Montréal.

Ces réservoirs n'ont rien à voir avec les centrales conçues pour produire de l’électricité à même le débit naturel d'une rivière, comme les centrales de Carillon, sur la rivière des Outaouais, et de Beauharnois, au sud-ouest de Montréal.

« Ces centrales ne peuvent retenir l’eau comme le font les ouvrages de retenue qui forment un réservoir. Nous ne pouvons donc pas, par exemple, fermer les vannes de la centrale de Carillon et empêcher la crue d’atteindre la région de Montréal. Il n’y a pas de réservoir. L’eau contournerait nos installations, ou pire, passerait par-dessus », explique Pierre-Marc Rondeau, ingénieur à la centrale de Carillon.

Malgré les mesures mises en place, Hydro-Québec souligne qu'elle ne peut pas connaître à l'avance la quantité de précipitations qui s'abattront sur le territoire.

« Dans les régions de l’Outaouais et de la Mauricie, par exemple, seulement quatre gouttes d’eau sur dix passent par nos centrales. C’est donc dire que nous n’avons aucune influence sur 60 % de l’eau qui circule dans ces régions », ajoute M. Rondeau.

Outre la vidange des réservoirs, Hydro-Québec procède à la mesure de la quantité de neige au sol afin d'évaluer la quantité d'eau qui s'écoulera dans les bassins. Sur la rivière des Outaouais, il y a de 20 à 30 % moins de neige au sol que l'an dernier, une bonne nouvelle pour les citoyens de la région.

Avec les informations de Marc Verreault, Olivier Bachand et René Saint-Louis

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