Samedi soir au Centre Bell, une fois de plus, un peu tout le monde encensait Radulov après la victoire de 2 à 1 du CH aux dépens des Maple Leafs de Toronto. Cette fois la performance de l’attaquant russe du Tricolore avait été particulièrement remarquée parce que Radulov avait raté les deux matchs précédents en raison d’un virus et d’une vilaine fièvre.

Dans ces deux matchs disputés sans Radulov, curieusement, le CH avait encaissé deux défaites…

Face aux Maple Leafs samedi, Alex Radulov a disputé l’un de ses matchs typiques. En plus de noircir la feuille de pointage en récoltant deux mentions d’aide, il a joué avec émotion et contribué à faire tourner le vent en deuxième période, alors que les Torontois commençaient à se sentir à l’aise et à prendre beaucoup de place sur la patinoire du Centre Bell.

Une retentissante mise en échec de Radulov aux dépens de Nazim Kadri a en quelque sorte sonné la fin de la récréation pour les visiteurs. Le geste de Radulov a semblé fouetter ses coéquipiers, et son exemple a été immédiatement suivi d’un violent coup d’épaule de Shea Weber à l’endroit du jeune et rapide William Nylander, qui tentait de se porter à l’attaque.

Jusque-là, le CH avait été dominé dans cet engagement. Mais l’équipe a graduellement retrouvé son aplomb et repris l’initiative.

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Privée de Radulov vendredi soir, l’équipe de Michel Therrien avait été limitée à seulement 10 chances de marquer face aux pauvres Hurricanes de la Caroline. Puis mardi dernier contre les Panthers de la Floride, le Tricolore avait connu un autre match fort tranquille, étant dominé par 18 à 12 au chapitre des chances de marquer.

Lorsqu’on décortique le fonctionnement de l’attaque du Canadien depuis le début de la saison, on découvre à quel point l’importance du rôle de Radulov surpasse ses excellentes statistiques personnelles. Sans lui, le moteur offensif de l’équipe fonctionne au ralenti. Ou ne fonctionne pas du tout.

Au début d’octobre, si quelqu’un avait prédit que le Canadien allait franchir le premier quart de la saison au premier rang de la LNH, bien peu de gens l’auraient cru. Cet accomplissement est d’autant plus incroyable lorsqu’on constate que les traditionnels piliers offensifs de l’équipe (Brendan Gallagher, Max Pacioretty, Tomas Plekanec et David Desharnais) connaissent tous un départ vraiment difficile.

J’y reviendrai éventuellement.

Depuis le début du calendrier, en termes de production offensive, l’attaquant le plus fiable du Canadien est incontestablement Alex Galchenyuk, qui a récolté des points (7 buts et 12 passes) dans 15 des 19 rencontres disputées par l’équipe.

Or, Galchenyuk est un drôle de spécimen. Malgré le fait qu’il patrouille le centre, il est davantage un tireur qu’un fabricant de jeux. Pour exceller, il a besoin d’un ailier capable de lire le jeu et de l’alimenter. Or, les ailiers de ce genre ne courent pas les rues. C’est sans doute ce qui explique pourquoi, cette saison, Galchenyuk n’est pas du tout le même joueur quand Radulov n’évolue pas sur son trio.

- Alex Galchenyuk a disputé les sept premiers matchs du calendrier flanqué de Max Pacioretty et de Brendan Gallagher. Dans le huitième match, après deux périodes de jeu, Michel Therrien a décidé de sortir Pacioretty de l’équation pour insérer Radulov. Si l’on tient compte des deux matchs ratés par Radulov au cours de la dernière semaine : en neuf matchs et deux périodes, Alex Galchenyuk a été limité à 1 but et 4 passes quand Radulov n’était pas son compagnon de trio.

- Dans ce fameux huitième match où Michel Therrien a décidé de miser sur la combinaison Radulov/Galchenyuk, le jeune centre a immédiatement retrouvé le fond du filet. Et il ne dérougit plus depuis. En neuf matchs et une période passés aux côtés de Radulov, Galchenyuk a récolté 6 buts et 8 passes. Et sur quatre de ces six buts, c’est Radulov qui lui a servi la passe décisive.

- Alex Galchenyuk a été blanchi de la feuille de pointage seulement quatre fois cette saison. Il est enfin parvenu à mettre en bouteille la constance, une qualité que la plupart des hockeyeurs pourchassent toute leur vie. Or, dans trois des quatre matchs où il n’a pas récolté de points, Galchenyuk ne jouait pas avec Radulov.

Ceci expliquant cela, si vous sortez Alexander Radulov de l’alignement, Michel Therrien ne perd pas seulement le deuxième pointeur de l’équipe, auteur de 3 buts et 13 passes (16 points) en 17 matchs. Quand Radulov n’est pas là, c’est un peu comme si le meilleur marqueur de l’équipe (Galchenyuk) disparaissait lui aussi.

Il est bon comment Alex Radulov? Il est bon à ce point-là.

Ça en dit plus long que tous les éloges que tentent de formuler ses coéquipiers lorsqu’ils rentrent au vestiaire après les matchs.

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