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Il n’y a pas de honte à être joueur de troisième trio

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'idée.

« Il doit jouer sur les deux premiers trios pour être efficace. » Cette phrase, jadis, était utilisée pour un joueur talentueux qui devait être utilisé dans un rôle offensif uniquement pour optimiser ses chances de réussir et aider son équipe. Ces mots ne tiennent plus la route aujourd’hui selon moi.

Alors pourquoi l’entendons-nous encore au quotidien?

Le hockey de la LNH a tellement évolué après les lock-out de 2004-2005 et 2012-2013 que nous avons vu la disparition des durs à cuire, unidimensionnels, trop lents pour suivre la parade, et des gros défenseurs incapables de tourner des deux côtés, qui avaient comme principal atout de manier le bâton comme le ferait le Capitaine Crochet.

Le jeu, naturellement, s’est adapté. Le coup de patin est devenu une priorité pour les recruteurs.

Les trois premiers trios de chaque formation du circuit Bettman ont maintenant le mandat de produire offensivement. Il n’y a pas si longtemps, c’était la mission des deux premiers seulement.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Il y a eu une hausse en moyenne de 10% de buts marqués comparativement à l’année 2003-2004 avant le lock-out (incluant les matchs joués cette saison).

C’est la preuve qu’il y a de plus en plus de patineurs offensifs sur la glace en tout temps et ce, même si les gardiens deviennent de plus en plus gros et meilleurs.

À l’époque, le troisième trio était composé de joueurs moins talentueux, mais dotés d’une compréhension du jeu sans la rondelle supérieure à la moyenne.

Ce trio avait comme mission de contrer les meilleurs joueurs adverses, de frustrer l’adversaire en sortie de zone et d’être des spécialistes du désavantage numérique. On parle de joueurs comme Guy Carbonneau, Bob Gainey ou bien Rob Zamuner, qui s’était même infiltré dans l’équipe canadienne à Nagano. C’est le célèbre Bobby Clark qui l’avait choisi. Être spécialiste du jeu défensif et du désavantage numérique était impératif.

Les responsabilités du joueur de hockey d’aujourd’hui et de demain se multiplieront, car le « spécialiste » d’une situation de match unique est voué à disparaître.

Plus les années avancent, plus les équipes recherchent des joueurs complets avec plus d’outils dans leurs coffres. Idéalement, tous les joueurs de centre devraient être capables de prendre des mises en jeu dans leur territoire.

Tous les joueurs devraient minimalement être capables de jouer en désavantage numérique.

Les joueurs offensifs, eux, auront toujours la grosse part du gâteau en avantage numérique, mais devront être excellents en couverture. C’est ce que nous voyons de nos jours alors que plusieurs joueurs talentueux ont des missions défensives importantes à court d’un ou même deux hommes.

Chez le Tricolore

Plusieurs voient un complot ou même un drame quand un gars comme Nikita Scherbak est sur le troisième trio, car il est censé être bâti pour être une machine à produire.

Les ailiers Phil Kessel, Tyler Toffoli, Nino Niederreiter, Mats Zuccarello, James Van Riemsdyk et j’en passe, patrouillent tous un 3e trio. Ils sont pourtant tous considérés comme étant des joueurs offensifs marqueurs de 20 ou même 30 buts, voire plus.

J’entends déjà les critiques me dire: c’est parce que les équipes dans lesquelles ils évoluent ont beaucoup de profondeur.

Pas du tout! Mis à part l’équipe de Phil Kessel. Les Penguins de Pittsburgh adoptent la philosophie de la plus grande majorité des équipes du circuit Bettman, c’est à dire, d’équilibrer ses trios pour avoir une plus grande menace offensive de façon continue.

Il pourrait très bien patrouiller le flanc gauche de Crosby ou Malkin, mais Mike Sullivan en a décidé autrement, comme la plupart des entraîneurs de la LNH adhérant à cette nouvelle philosophie.

J’invite donc les spécialistes autoproclamés à emboîter le pas. À moins, bien sûr, que vous vous croyez supérieurs aux preneurs de décisions dans la meilleure ligue de hockey au monde.

Et des gens qui pensent comme ça, comme toujours, il y en aura!

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